Les investisseurs achètent moins d’appartements en Israël et en vendent plus, selon un rapport publié dimanche par le ministère des Finances.

Ils ont acheté 30 % de moins d’appartements neufs en janvier, par rapport au même mois de l’année précédente, et 18 % de moins en décembre. Ils ont vendu 3 000 logements en janvier, 25 % de plus qu’en décembre.

Les ventes étaient particulièrement remarquables chez les investisseurs possédant trois biens immobiliers ou plus, selon le rapport.

Ces données coïncident avec un article publié dans le dernier numéro du magazine Economist, qui indique que les prix de l’immobilier en Israël ont monté de 82,1 % entre 2006 et 2016 (chiffres corrigés de l’inflation), ce qui représente la hausse la plus importante dans le monde après celle observée à Hong Kong.

Le luxueux quartier Mamila, à Jérusalem, le 27 octobre 2015. La plupart des appartements luxueux sont possédés par des résidents étrangers ou des Israéliens qui les utilisent comme résidence secondaire. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

Le luxueux quartier Mamila, à Jérusalem, le 27 octobre 2015. La plupart des appartements luxueux sont possédés par des résidents étrangers ou des Israéliens qui les utilisent comme résidence secondaire. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

Le tableau a cependant changé depuis juin, quand les investisseurs achetaient plus d’appartements qu’ils n’en vendaient, montre le rapport des Finances.

Et, alors que les investisseurs représentaient 25 % des acheteurs en mars dernier, leur proportion a chuté à tout juste 16 % en décembre, et s’est maintenue (16,5 %) en janvier.

Le rapport ne précise pas la proportion entre investisseurs israéliens et étrangers.

Au total, les investisseurs ont acheté 1 600 appartements en janvier, dans le neuf ou l’ancien, ce qui ne représente que 2 % de baisse par rapport à décembre, mais 18 % de moins par rapport à janvier 2016.

Le rapport du chef économiste du ministère, Yoel Naveh, attribue en partie ce changement à un impôt de 1 % levé sur les propriétaires de trois logements ou plus, qui a été introduit dans le budget 2017 – 2018, et est entré en application au début de l’année.

Cet impôt fait partie de la campagne du ministre des Finances, Moshe Kahlon, pour rendre abordable le prix de l’immobilier en Israël, particulièrement pour les pauvres et les jeunes couples.

Moshe Kahlon, ministre des Finances, pendant la conférence sur le développement du nord d'Israël, à Maalot-Tarshiha, le 25 décembre 2016.  (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Moshe Kahlon, ministre des Finances, pendant la conférence sur le développement du nord d’Israël, à Maalot-Tarshiha, le 25 décembre 2016. (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Sur une base annuelle, les propriétaires de trois biens immobiliers ou plus doivent payer un impôt équivalent à 1 % de la valeur de leurs propriétés, dans une limite de 18 000 shekels par an.

La valeur est calculée avec une formule complexe, qui prend en compte des facteurs comme la surface et l’emplacement.

Le calendrier de la loi prévoit que les propriétaires de trois logements ou plus doivent déclarer leurs propriétés aux autorités fiscales avant le 31 mars, et payer la première moitié de l’impôt au 30 juin.

La loi a été très critiquée par les Israéliens percevant un salaire moyen, qui disent qu’ils sont injustement pénalisés pour avoir investi dans l’immobilier pour améliorer leur situation financière plutôt que de placer leurs économies en banques ou en investissements.

Les juges de la Cour suprême israélienne, le 17 avril 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les juges de la Cour suprême israélienne, le 17 avril 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, la Cour suprême a publié une injonction temporaire ordonnant au gouvernement et à la Knesset de détaille d’ici le 23 mars pourquoi la loi de doit pas être annulée.

Elle a également ordonné qu’ils répondent d’ici mercredi à une pétition demandant le report de la date de déclaration des propriétés aux autorités fiscales de 90 jours.

En octobre, le ministère des Finances avait indiqué que 38 232 familles détenaient trois logements, et plus de 54 000 autres en détenaient trois ou plus. Vingt-et-une familles du pays possèdent plus de 20 biens immobiliers chacune.

Le troisième bien immobilier compose 12 % du marché de la location. L’impôt serait appliqué sur 80 000 logements définis comme troisième bien immobilier ou plus, selon le ministère.

Au total, 9 700 appartements ont été vendus en janvier, dans le neuf et l’ancien, montre le rapport du ministère des Finances.

C’est 5 % de moins qu’en décembre, mais 3 % de plus qu’en janvier 2016.

Le taux d’achat des primo-accédants était de 6 % de moins qu’en décembre, et la chute la plus importante a été enregistrée chez les primo-accédants achetant dans le neuf.

Le rapport attribue cette conclusion en partie à l’impôt sur les multiples logements, et en partie aux jeunes couples qui attendent qu’un programme de logement abordable du ministère des Finances s’enracine.

Ce programme permet aux promoteurs d’acheter des terrains à prix cassés et de vendre des appartements avec une remise pour certains primo-accédants, qui sont tirés au sort.

Le rapport suggère que le lancement de la construction de logements abordables a pu être retardé en partie à cause de la bureaucratie locale et du retard dans la délivrance des permis de construire aux promoteurs.

Le coût élevé du logement est devenu une question politique centrale en Israël, où les jeunes familles affirment qu’elles ne peuvent pas accéder à la propriété immobilier, voire même à la location, dans le centre économique du pays.

En 2011, d’importantes manifestations sociales avaient eu lieu dans tout le pays, appelant le gouvernement à permettre une baisse des prix de l’immobilier et du coût de la vie.

En plus de l’impôt sur les propriétés multiples, le gouvernement a permis l’année dernière aux villes de convertir des terrains alloués à l’industrie en terrains d’habitation, et a rendu permanente une règle qui permet aux conseils municipaux d’augmenter les taxes sur les appartements dits fantômes, qui sont occupés moins de trois moins par an, a indiqué le quotidien Haaretz.