Les autorités israéliennes se sont précipitées pour saluer le prochain président des Etats-Unis vendredi, alors que Donald Trump se prépare à prêter serment. Cependant, des médias affirment que l’establishment de la défense prévoit des retombées potentiellement violentes si la nouvelle administration américaine déplaçait l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Les membres du gouvernement israélien ont soutenu le projet de déménager l’ambassade à Jérusalem. Trump avait promis de faire cela pendant la campagne électorale et après sa victoire en novembre.

La décision politiquement chargée a cependant provoqué l’indignation parmi les Palestiniens qui voient une partie de Jérusalem comme leur future capitale, et ce jeudi, cette décision a été indirectement condamnée par les ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI, forte de 57 pays-membres).

Le ministre national de l’Infrastructure, Yuval Steinitz, a déclaré vendredi à la radio de l’armée qu’il espérait que l’administration Trump tiendrait leur engagement de déménager l’ambassade à Jérusalem.

« Nous prions tous qu’en plus de l’humour et sa vivacité, Trump comprendra le poids de la responsabilité sur ses épaules et se révélera être un président courageux et sérieux », a déclaré Steinitz.

« J’espère et je crois qu’il déplacera l’ambassade américaine à Jérusalem. Il est absurde que les ambassades soient à Tel Aviv – les Etats-Unis devraient être les premiers à transférer leur ambassade à Jérusalem, et par la suite d’autres pays feront de même ».

L'ambassade américaine à Tel Aviv. (Crédit : Ori~/Wikimedia Commons/File)

L’ambassade américaine à Tel Aviv. (Crédit : Ori~/Wikimedia Commons/File)

Selon un article publié vendredi dans le quotidien Haaretz, des représentants de Tsahal, de la police et du Shin Bet ont présenté au début de cette semaine au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à des hauts responsables du cabinet – parmi eux le ministre de la Défense, Avigdor Liberman et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan – les différents scénarios possibles si l’ambassade était transférée à Jérusalem.

Le Premier ministre a demandé aux responsables de la sécurité de se préparer à cette possibilité dès que le nouveau président aura prêté serment.

Haaretz a cité deux hauts fonctionnaires israéliens qui connaissent bien les sujets soulevés lors de la réunion, qui ont déclaré que Netanyahu et d’autres personnes présentes ont clairement indiqué qu’Israël ne disposait pas d’informations solides et sur quant à savoir si ou quand Trump donnera un avis sur le transfert de l’ambassade à Jérusalem.

Un des responsables a ajouté que Netanyahu s’est entretenu avec Trump par téléphone plusieurs fois depuis son élection, mais au moment de la réunion, n’avait pas reçu une réponse claire du nouveau président au sujet de la date du transfert de l’ambassade.

Selon Haaretz, les deux responsables ont déclaré que le but de la réunion était de se préparer à d’éventuelles répercussions qui pourraient faire suite à la réinstallation de l’ambassade, notamment à la lumière d’une campagne médiatique menée contre cette décision par l’Autorité palestinienne. Un des responsables a déclaré qu’il y avait même incitation explicite à la violence des responsables palestiniens ces dernières semaines sur la question.

Néanmoins, des représentants du Shin Bet, des services des renseignements militaires et de la division de renseignement de la police ont indiqué lors de la réunion qu’il n’y avait pas d’informations précises sur les projets d’attentats ou de perturbations en cas de transfert de l’ambassade.

L’un des scénarios présentés aux ministres, selon Haaretz, est que ce transfert pourrait même provoquer une réponse relativement muette, avec les Palestiniens limitant seulement leurs réactions aux médias et à la sphère politique.

Le chef de l'Union sioniste Isaac Herzog assistant à une conférence à l'université Bar-Ilan près de Tel-Aviv le 15 janvier 2017 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Le chef de l’Union sioniste Isaac Herzog assistant à une conférence à l’université Bar-Ilan près de Tel-Aviv le 15 janvier 2017 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Pendant ce temps, le leader de l’opposition, Isaac Herzog (Union sioniste) a rendu hommage vendredi au président Barack Obama, qui quitte son poste dès que Trump aura prêté serment. Il a salué son « amitié et son soutien » pour Israël et a exprimé la certitude que la relation étroite entre les deux pays continuera.

« C’est le moment de dire merci au président américain sortant Barack Obama et à son administration pour huit ans d’amitié et de soutien, son noble effort pour promouvoir la paix, sa contribution constante à la sécurité d’Israël et pour avoir renforcé l’alliance stratégique la plus importante d’Israël » , a déclaré Herzog.

« Je souhaite au nouveau président, Donald Trump, une bonne chance au début de son mandat en tant que chef du monde libre », a poursuivi Herzog.

« Je suis convaincu que nous continuerons de maintenir et de renforcer l’alliance stratégique entre nos deux nations, qui partagent des valeurs et des intérêts communs, avant tout la démocratie, l’égalité, la liberté et la recherche constante de la paix et de la sécurité. Nous, ici, en Israël, nous nous efforcerons pendant son mandat de parvenir à une réelle paix avec nos voisins palestiniens, sur la base des principes de sécurité et de coopération régionale avec les pays modérés dans un Moyen-Orient en mutation ».