Les dirigeants de la communauté juive australienne nient que le lobby extrémiste pro-Israël de Melbourne ait eu une « influence extraordinaire » sur la politique moyen-orientale pendant le mandat de Premier ministre de Julia Gillard.

Dans son nouveau roman bibliographique Diary of a Foreign Minister [Journal d’un ministre des Affaires étrangères], l’ancien ministre australien Bob Carr accuse Gillard d’avoir « fait sous-traiter la politique étrangère par des donneurs au parti. »

Il accuse également le lobby pro-Israël d’avoir une influence
« malsaine.»

« Il est ridicule et insultant de suggérer qu’ils [Gillard et d’autre politiciens] peuvent être manipulés et achetés » a déclaré Robert Goot, le président du conseil exécutif des Juifs australiens.

Johnny Baker, un dirigeant sionniste de longue date, ajoute : « Ses accusations à propos du pouvoir disproportionné du lobby juif sont comparables au célèbre livre de Walt et Mearsheimer, que beaucoup qualifient d’antisémite. » Le livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, publié en 2007, The Israel lobby and US Foreign Policy, est chargé d’antisémitisme.

Le docteur Danny Lamm, le président de la fédération sioniste d’Australie, s’en est aussi pris à Carr.

« Sa volonté de calomnier publiquement les partisans d’Israël avec le cliché de l’influence juive indue sur les affaires politiques et de manquer de respecter les confidences personnelles et du Cabinet, est non seulement incorrect sur le principe, mais indique tristement sa vraie nature, » a déclaré Lamm.

Dans son livre, Carr vise Mark Leibler, le président du Conseil Australie-Israël et d’affaires juives.

« Pourquoi ne peuvent-ils, lui et le lobby, pas comprendre que leur approche implacable nuit fortement à leur cause ? » se demande Carr.

Mais Leibler affirme que l’accusation d’ « influence malsaine » est « le fruit de son imagination. »

« Comment est-ce que le lobby juif contrôle-t-il le Premier ministre ? À l’aide de dons au parti travailliste et en envoyant des personnes en Israël, » a indiqué Leibler à la télévision australienne. « Arrêtons. Quelqu’un accepterait-il vraiment cela ? »

Carr, ancien président des Amis travaillistes parlementaires d’Israël, fut ministre des Affaires étrangères entre 2012 et 2013.

Les relations entre le parti travailliste et la communauté juive ont été très perturbées au cours de cette période.

Le parti travailliste a progressivement réduit le soutien de l’Australie à Israël à l’ONU et irrité les dirigeants de la communauté juive en qualifiant les implantations d’illégales.