JTA — Les groupes juifs belges ont salué la décision du ministère des Affaires étrangères de leur pays de geler le financement des écoles palestiniennes suite au changement de nom d’une institution bénéficiaire de l’aide qui a pris le nom d’une terroriste ayant tué plusieurs civils juifs.

La décision, que le Forum des organisations juives de la région flamande de Belgique a qualifié de « la bonne chose à faire », a été annoncée mardi dans un communiqué inhabituel en raison du rang des personnes qui l’ont co-signé : les vice-Premiers ministres Didier Reynders et Alexander De Croo.

Le logo de l'école primaire de Beit Awwa composée d'une image de Dalal Maghrabi superposée sur une image de l'Etat d'Israël et des territoires palestiniens. (Crédit : Facebook)

Le logo de l’école primaire de Beit Awwa composé d’une image de Dalal Maghrabi superposée sur une image de l’Etat d’Israël et des territoires palestiniens. (Crédit : Facebook)

« La Belgique a suspendu deux projets en cours, pour un montant de 3.3 millions d’euros, de construction d’écoles palestiniennes. », indique le communiqué. « Le Gouvernement belge condamne sans équivoque toute glorification d’attaque terroriste. La Belgique ne permettra pas qu’elle soit associée, d’une quelconque manière que ce soit, aux noms de terroristes. »

La réaction, qui est inhabituellement dure par rapport à la gestion habituelle du ministère belge des Affaires étrangères des plaintes concernant l’utilisation abusive des fonds par l’Autorité palestinienne, est dû au fait qu’une école construite en 2013 à Hébron avec de l’argent belge a été renommée. Initialement appelée l’école primaire de Beit Awwa pour les filles lors de son inauguration en 2013, elle a été rebaptisée Dalal Mughrabi, d’après le terroriste palestinien qui a tué 38 civils, dont 13 enfants, dans un bus détourné avec l’aide de 12 complices.

Des Palestiniens avec des affiches et des T-shirts représentant Dalal Mughrabi, une terroriste du Fatah responsable du massacre de la route côtière en 1978, qui a tué 38 Israéliens dont 13 enfants, pendant une manifestation à Ramallah, le 16 juillet 2008. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Des Palestiniens avec des affiches et des T-shirts représentant Dalal Mughrabi, une terroriste du Fatah responsable du massacre de la route côtière en 1978, qui a tué 38 Israéliens dont 13 enfants, pendant une manifestation à Ramallah, le 16 juillet 2008. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le changement de nom a été effectué sans que cette décision n’ait été portée à la connaissance du gouvernement belge, selon le communiqué. Le gouvernement belge a demandé à l’Autorité palestinienne des éclaircissements sur le changement de nom. L’aide gelée, équivalant à 3,8 millions de dollars, sera suspendue en attendant la réponse de l’AP.

« Nous avons un gouvernement de plus en plus sensible à ces questions », a déclaré mercredi au JTA Yohan Benizri, le président de la Fédération belge des organisations juives. Alors que la Belgique n’a pas changé sa position sur la solution de deux Etats et qu’il s’oppose toujours aux actions israéliennes vis-à-vis des Palestiniens, Benizri a ajouté : « il y a une pression pour plus d’équilibre dans la relation et une pression qui est entendue aussi par le ministère des Affaires étrangères », dirigé par Didier Reynders.

La décision montre une volonté sincère à Bruxelles de s’assurer que l’argent des contribuables ne finance pas le terrorisme, a déclaré Benizri, ajoutant que le gel montre qu’ « on ne ferme plus les yeux ».

La mission palestinienne à Bruxelles a refusé de commenter la décision lorsqu’elle a été contactée par l’agence de presse française AFP. Les responsables palestiniens ont résisté aux appels lancés par les dirigeants des Nations unies qui les avaient exhortés de changer le nom d’un centre communautaire financé par l’ONU et nommé d’après Mughrabi.

Cette intransigeance, a déclaré Benizri, reflète les préoccupations des responsables palestiniens de créer un précédent qui nécessiterait des changements dans le mode de célébration des terroristes de Ramallah, y compris dans les manuels qui sont conçus avec de l’argent de l’aide internationale et qui sont actuellement à l’étude.