La communauté juive d’Argentine aurait financé une grande partie du futur voyage du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le pays d’Amérique latine, ce qui a déclenché des critiques de certains dirigeants juifs argentins en raison du coût de celui-ci.

Après que la communauté juive du pays a accepté de financer quelque 100 000 dollars de la facture, certains dirigeants juifs argentins ont cherché des moyens de faire baisser l’addition pour tenter d’utiliser cet argent pour financer des causes juives locales, a annoncé lundi le quotidien économique Globes.

Dans le cadre des efforts de baisse des coûts du voyage, les dirigeants juifs ont demandé à David Sutton Dabbah, Juif orthodoxe qui possède le palace Alvear, de réduire la facture du séjour de Netanyahu dans son hôtel, selon l’article.

Agustin Zbar, le président du centre juif AMIA, a indiqué que l’organisation finançait une grande partie du voyage de Netanyahu « par solidarité ».

Le palace Alvear de Buenos Aires. Illustration. (Crédit : Usuario Barcex/CC BY-SA 3.0/Wikipedia)

Le palace Alvear de Buenos Aires. Illustration. (Crédit : Usuario Barcex/CC BY-SA 3.0/Wikipedia)

« Oui. Pas tout son séjour, mais nous, la communauté juive, couvrons une grande partie des dépenses du Premier ministre, par solidarité », a dit Zbar à Globes, même s’il a refusé de préciser ce que la communauté payait exactement.

Zbar a également dit que l’ambassade israélienne à Buenos Aires l’avait informé que le voyage du Premier ministre était considéré comme une visite « privée ».

En réponse à cet article, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que « la visite en Amérique latine est une visite de travail. Israël paie les dépenses. » Le bureau du Premier ministre a indiqué qu’il n’avait pas d’information sur le financement du voyage par la communauté juive.

Selon l’article, plusieurs dirigeants juifs sont irrités de devoir payer pour une partie du voyage, car ils pensent que cet argent pourrait être mieux utilisé, par exemple pour financer des séminaires religieux, des aides pour les membres pauvres de la communauté juive, et d’autres programmes sociaux.

Luis Grynwald, ancien directeur de l’AMIA qui est à présent le vice-président de DAIA, l’association qui représente les Juifs d’Argentine, a dit à Globes que Sutton Dabbah « n’a pas besoin que l’AMIA paie pour le Premier ministre, et il est déraisonnable que le ministère israélien des Affaires étrangères le permette », même s’il a concédé ne « pas avoir toutes les informations. »

Le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires, Argentine, site d'un attentat terroriste qui a fait 85 morts et des centaines de blessés en 1994. (Crédit : andy sternberg/CC BY/Flickr)

Le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires, Argentine, site d’un attentat terroriste qui a fait 85 morts et des centaines de blessés en 1994. (Crédit : andy sternberg/CC BY/Flickr)

Zbar a indiqué que la communauté juive s’attendait à ce que Netanyahu se rende au centre communautaire de l’AMIA pendant son voyage, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de 1994 et à celui de 1992 contre l’ambassade israélienne, qui ont fait respectivement 85 et 29 morts.

La visite de Netanyahu en Argentine, qui aura lieu ce mois-ci dans un pays qui compte l’une des plus grandes communautés juives au monde, sera la première d’un Premier ministre israélien dans un pays d’Amérique latine.

Le Premier ministre se rendra aussi en Colombie et au Mexique, avant l’Assemblée générale des Nations unies aux Etats-Unis, où il devrait rencontrer le président américain Donald Trump.