Natan Sharansky, le président de l’Agence juive, a présenté lundi un chèque de plus de 100 000 dollars à la famille d’une des victimes de l’attaque terroriste Har Nof, Howie [Haïm] Rothman, à Jérusalem.

Les fonds ont été recueillis par le Fonds juif unifié de Toronto et vise à prendre en charge les frais médicaux de la famille Rothman et à couvrir ses besoins financiers. La communauté de Toronto a demandé à Sharansky de présenter le chèque en son nom à la famille de Rothman.

Rothman, 54 ans, a été grièvement blessé dans le massacre perpétré par deux Palestiniens, le 18 novembre 2014, dans une synagogue de Har Nof, un quartier orthodoxe de Jérusalem. Cinq personnes – quatre fidèles et un policier qui a tenté d’arrêter l’attaque – avaient été tués par deux terroristes armés de fusils et de haches.

La communauté juive de Toronto est passée à l’action en apprenant que Howie Rothman, père de 10 enfants et originaire du Canada, qui a immigré en Israël il y a près de 30 ans, était une des victimes de l’attaque.

« Nous sommes très impressionnés par la mobilisation de la communauté de Toronto », a déclaré Sharansky alors qu’il rencontrait la femme de Rothman, Risa, son frère Steven, et sa belle-soeur Victoria dans son bureau lundi après-midi.

« L’Agence juive a un petit budget pour aider les victimes du terrorisme. La plupart de l’aide financière provient de la diaspora, et la communauté juive canadienne est une communauté particulière ; la Fédération de Toronto est d’ailleurs un excellent partenaire », a déclaré Sharansky.

Adam Minsky, un des hauts responsables de la Fédération des communautés du Grand Toronto, était sur place pour la présentation du chèque.

La communauté juive de Toronto a créé un fond pour la victime de l'attaque terroriste d'Har Nof, Howie Rothman (Crédit : UJA Federation of Greater Toronto)

La communauté juive de Toronto a créé un fond pour la victime de l’attaque terroriste d’Har Nof, Howie Rothman (Crédit : UJA Federation of Greater Toronto)

«Nous sommes incroyablement privilégiés d’avoir pu nous joindre à l’effort et contribuer au processus de guérison de Howie et de sa famille », a-t-il affirmé au Times of Israel.

Le frère de Howie, Steven Rothman, qui est arrivé avec sa femme de Toronto le 2 janvier pour une visite de deux semaines, a souligné l’importance de l’appui financier de la communauté de Toronto ainsi que celui de l’aide supplémentaire que la famille a reçue de la fondation One Family et de l’Institut national d’assurances.

« Howie est toujours dans le coma et nous ne savons pas combien de temps il sera dans cette situation », a-t-il confié.

Steven a été soulagé de voir que son frère était en meilleur état que la fois précédente. Il a indiqué que Rothman, bien que toujours dans le coma, respirait par lui-même et semblait ouvrir son oeil gauche et montrer quelque peu d’émotion quand des visiteurs viennent le voir ou lui chantent une chanson.

Rothman a perdu la vue au niveau de l’oeil droit après que son nerf optique a été sectionné par un coup, visiblement à l’aide d’un hachoir à viande, sur le côté droit de sa tête.

« Il a subi des blessures graves sur le côté droit de sa tête et au niveau de son bras gauche. Son bras gauche a été presque sectionné. Il a reçu des soins chirurgicaux au niveau de l’œil, du cerveau et du bras », a rapporté son frère.

Selon Steven, les médecins ne peuvent pas, à ce stade, fournir un pronostic sur le rétablissement de son frère. Les plans visant à transférer Rothman du service neurologique de Hadassah Ein Kerem à Jérusalem vers le Centre de réadaptation de l’hôpital Loewenstein à Raanana ont été mis en attente en raison d’une fièvre qu’il a développée.

Un ultra orthodoxe prie sur les lieux de l'attaque terroriste de la synagogue d'Har Nof le 18 novembre 2014 (Crédit : AFP/Jack Guez)

Un ultra orthodoxe prie sur les lieux de l’attaque terroriste de la synagogue d’Har Nof le 18 novembre 2014 (Crédit : AFP/Jack Guez)

Dans sa conversation avec la famille Rothman, Sharansky a souligné que les Juifs sont en lutte contre le terrorisme partout dans le monde.

« C’est la réalité que nous vivons. Nos victoires sont accompagnées par des tragédies », a-t-il résumé.

Risa Rothman, qui, la première a fait face à la tragédie quand il y a neuf ans son fils aîné est mort dans un accident, s’appuie sur les ressources de sa foi pour traverser cette période difficile.

« Je pars de la maison tous les jours à huit heures du matin et je m’assieds près d’Howie à l’hôpital jusqu’à trois heure de l’après-midi, décrit-elle. Je fais ce que je suis censée faire dans cette situation ».

Risa Rothman est persuadée qu’il y a un message à retenir de l’attaque terroriste qui a dévasté sa famille.

« Le peuple juif doit travailler pour avoir la paix en son sein. Depuis l’attaque, il y a eu une énorme quantité de personnes qui ont tendu la main et qui se sont rassemblées », remarque-t-elle.

Elle ajoute qu’elle a été extrêmement touchée par la vague de soutien qui est arrivée de toutes parts, et par le fait que les Juifs du monde entier prient pour son mari.

Risa Rothman utilise son humour noir, qui très développé, pour faire face à la tragédie qui s’est abattue sur elle. Faire de nombreuses blagues – pour rire et ne pas pleurer – est quelque chose qu’elle peut faire pour se rendre la vie plus facile et faire face à cette tournure des événements imprévus.

« Quelqu’un contrôle le script, affirme-t-elle, en regardant le ciel. C’est mon travail de le gérer du mieux que je peux… »