BERLIN — Les dirigeants juifs européens ont très vivement critiqué la nomination de l’avocat allemand néonazi au comité de libertés civiles du Parlement Européen.

Udo Voigt, l’ancien chef de l’extrême droite du Parti National Démocratique, a été nommé cette semaine au comité parlementaire des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures. Voigt, âgé de 62 ans, a fait l’éloge d’Adolf Hitler et est également connu pour ses déclarations révisionnistes.

« C’est surréaliste. C’est l’ultime insulte aux juifs d’Europe et à l’Union européenne elle-même », a déclaré mardi Moshe Kantor, chef du Congrès juif basé à Bruxelles. Il a appelé tous les législateurs « à refuser de permettre à cet homme de participer aux travaux du comité ».

Kantor a ajouté que rien de cela ne se serait produit si l’Allemagne avait interdit le NPD qui compte environ 7 000 membres dans le pays.

Voigt a obtenu son siège au Parlement Européen en mai lorsque le NDP a gagné environ 1 % du vote populaire en Allemagne, nouveau seuil pour être admis à l’assemblée.

Le président du Congres mondial juif, Robert Singer a déclaré que « c’était déjà assez dur que Voigt puisse être élu » après que l’Allemagne ait retiré le seuil des 5 % pour les élections internationales cette année. Sa nomination au comité est « scandaleuse et inacceptable », a dit Singer, en se joignant à l’appel de UE pour établir un seuil plus haut afin d’empêcher aux groupes extrémistes et marginaux d’entrer à l’assemblée. La prochaine élection est prévue pour 2019.

« L’idée d’avoir un néo-nazi en tant que gardien des droits de l’homme européens est écœurante », explique Stephan Kramer, qui vient d’être nommé directeur du Bureau européen du Comité juif américain sur l’antisémitisme, basé à Bruxelles et à Berlin.

La dernière tentative officielle de l’Allemagne d’interdire le NDP a échoué en 2003 après qu’il se soit avéré que les informateurs du gouvernement aient incité à certaines des actions illégales pour lesquelles le parti était poursuivi.

Après que le NDP ait atteint le seuil en mai, Dieter Graumann, le chef du Conseil central des juifs en Allemagne, a déclaré qu’il considérait justifié de faire pression pour une nouvelle tentative d’interdiction du parti. Les sceptiques ont averti qu’un nouvel échec ne ferait que renforcer les extrémistes et ferait du tort aux futures tentatives.

Juste avant son élection, Voigt avait reçu une condamnation d’un an de prison avec sursis pour incitation à la haine.