La communauté juive de France, la plus importante d’Europe, a déjà été la cible de nombreux attaques et attentats ces dernières décennies, avant la prise d’otages vendredi d’une épicerie casher à Paris.

Ainsi le 19 mars 2012, trois enfants et un enseignant ont été tués dans une école juive de Toulouse par l’islamiste Mohamed Merah, abattu trois jours plus tard.

Le 20 janvier 2006, c’est un jeune juif, Ilan Halimi, 23 ans, qui est enlevé par un gang organisé qui espère une rançon. Il est torturé pendant trois semaines dans une cité populaire de Bagneux (sud de Paris). Retrouvé agonisant trois semaines plus tard, il meurt lors de son transfert à l’hôpital. Youssouf Fofana, chef du « gang des barbares », est condamné à perpétuité en 2009.

Le 7 septembre 1995, l’explosion d’une voiture piégée devant l’Ecole juive de Lyon à Villeurbanne (Rhône) fait 14 blessés. Elle est attribuée aux extrémistes islamistes.

Le 29 mars 1985 à Paris, une explosion fait 18 blessés dans un cinéma lors du 4e festival international du cinéma juif.

Le 9 août 1982, un commando de 5 hommes ouvre le feu rue des Rosiers, le quartier juif historique de Paris, et jette des grenades à l’intérieur du restaurant Goldenberg, faisant 6 morts et 22 blessés. C’est le plus grave attentat antisémite en France depuis la Libération. Les auteurs demeurent inconnus.

Le 3 octobre 1980, une bombe dissimulée dans la sacoche d’une moto explose devant une synagogue rue Copernic à Paris, à l’heure de la prière, faisant 4 morts et une vingtaine de blessés. Trente-quatre ans après, en novembre 2014, un suspect libano-canadien, Hassan Diab, est extradé du Canada et écroué en France.

Estimés à 500 000 ou 600 000 membres, les Juifs de France forment la première communauté juive d’Europe et la troisième au monde, derrière Israël et les Etats-Unis.

Plus de 7 000 d’entre eux ont émigré vers Israël en 2014, soit plus du double de l’année précédente. Selon l’Agence juive, ils ont été pour la deuxième année consécutive plus nombreux que les Juifs originaires des Etats-Unis (3 870 en 2014) et ont devancé pour la première fois les « olim » (immigrants juifs) venant de Russie (4 830).

Si les motifs religieux sont le plus souvent invoqués, ils sont de plus en plus nombreux à mettre en avant un sentiment d’insécurité.

On compte en France plus de 500 synagogues et oratoires, selon le Consistoire central, instance de représentation religieuse créée en 1808 par Napoléon Ier, qui élit le grand rabbin de France (Haïm Korsia depuis juin 2014). Certains courants ne sont pas affiliés au Consistoire, comme le mouvement hassidique loubavitch, orthodoxe lui aussi, mais aussi les libéraux et les massorti.

Par ailleurs, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) fédère plus de 60 associations religieuses ou laïques.

Le judaïsme est surtout présent en région parisienne et dans le sud-est du pays.

Avant la Seconde Guerre mondiale, on estimait à 300 000 le nombre de Juifs, toutes nationalités confondues, vivant en France. Pendant la guerre, 76 000 Juifs ont été déportés de France par les nazis, avec le concours de l’administration du régime de Vichy.

Dès 1945, l’immigration juive reprend. Entre 1955 et 1965, on assiste à l’arrivée des Juifs d’Afrique du Nord à la suite de la décolonisation de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie.