Un représentant des Juifs hispanophones a exhorté l’Espagne à suivre l’exemple du Portugal et à adopter une loi du retour pour les descendants de Juifs séfarades.

« Alors que le Portugal a adopté sa loi, en Espagne, elle est bloquée et se vide de sa substance à vie d’oeil » a déclaré vendredi à JTA Leon Amiras, président de l’organisation OLEI, basée en Israël et représentant les Israéliens d’Amérique latine et d’Espagne.

Le Portugal et l’Espagne ont lancé, respectivement en 2013 et 2014, une législation pour la naturalisation des descendants de Juifs qui ont fui pendant l’Inquisition. Les deux gouvernements décrivent ces initiatives comme une réparation pour la persécution religieuse et l’expulsion de très nombreux Juifs, il y a environ 500 ans.

Mais alors que Lisbonne a persisté et adopté le mois dernier une loi de retour pour les Juifs que son parlement a fait passer en 2013, le congrès espagnol ne s’est pas encore prononcé sur sa propre législation. La portée du projet de loi est en cours de renégociation alors que se font entendre des appels à éteindre une telle politique aux musulmans.

« A tous les points de vue, la loi portugaise est beaucoup plus ambitieuse et généreuse que ce que le gouvernement espagnol envisage à l’heure actuelle » affirme Amiras. « Nous appelons l’Espagne à suivre l’exemple du Portugal afin d’éviter toute déception et tout sentiment de tromperie chez le peuple juif » poursuit-il.

En décembre dernier, Amiras mettait en garde : le projet législatif de l’Espagne sur les Séfarades pouvait verser dans le « pur symbolisme » en raison de révisions tardives. Ainsi, il deviendrait nécessaire pour les candidats de se rendre en Espagne à plusieurs reprises afin de lancer le processus.

Selon Amiras, de nouveaux amendements augmenteraient les frais facturés par le gouvernement espagnol pour le traitement des demandes : « Ils rendent impossible de réclamer la citoyenneté auquel on a droit. C’est une petite manoeuvre ».

La loi portugaise, qui doit entrer en vigueur le mois prochain, permet aux candidats de lancer le processus de naturalisation depuis leur pays de résidence. Les deux textes évoquent l’implication des communautés juives locales dans le processus de sélection des candidats.

« La différence entre le Portugal et l’Espagne, c’est celle qui existe entre une petite amie qui vous aime et une qui n’a pas encore tout à fait décidé » regrette encore Amiras.