De hauts responsables politiques libanais ont critiqué le groupe terroriste Hezbollah pour avoir attaqué un convoi militaire israélien mercredi matin, avertissant que cela pourrait entraîner une réponse israélienne dure contre le Liban.

L’ancien président Michel Sleiman a déclaré que Beyrouth devrait éviter d’être entraîné dans le conflit dont il a déclaré qu’il était seulement mené pour que le parti du Likud, au pouvoir en Israël, marque des points à l’approche des élections.

« Quel est l’intérêt du Liban à être entraîné dans une guerre dont Israël a besoin pour des raisons électorales internes et en raison de son alliance claire avec le président américain Barack Obama, essaie de pousser le Liban à violer [la Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies] 1701 et commence des combats qu’Israël va gagner », a-t-il écrit sur Facebook.

L’attaque du Hezbollah sur une patrouille israélienne dans la région du nord du mont Dov le long de la frontière est arrivée en pleine crise politique profonde au Liban.

Le Premier ministre par intérim, Tammam Salem, a déploré l’impasse politique empêchant la tenue d’élections nationales libanaises dans un entretien avec le quotidien Al-Akhbar mercredi. Les désaccords entre le Hezbollah et l’Alliance du 14 mars de Saad Hariri ont laissé le pays sans président pour les sept derniers mois.

Il a aussi accusé Israël de déclencher une « dangereuse escalade ».

« Une escalade de la part d’Israël peut constituer une ouverture [pour se diriger] vers des situations dangereuses qui ne servent pas la paix et la stabilité dans la région, a-t-il déclaré. Le Liban respecte la résolution 1701 des Nations unies et appelle la communauté internationale à arrêter toute intention israélienne de jouer avec la sécurité de la région. »

Le chef des Druzes Walid Jumblatt a partagé le point de vue de Sleiman, à savoir que l’attaque israélienne de la semaine dernière [le 18 janvier] contre un convoi de Hezbollah et de l’Iran près de la ville syrienne de Quneitra faisait partie de la campagne électorale de Netanyahu, considérant que la réponse du Hezbollah à la « folie israélienne » devait « être attendue ».

« Etant donné tout cela, nous devons prendre les précautions adéquates au cas où Israël attaquerait le Liban », a déclaré Jumblatt sur twitter.

Dans le même temps, le chef chrétien Samir Geagea, chef du parti des Forces libanaises, a fustigé le Hezbollah lors d’une conférence de presse dans la ville de Maarab, accusant le groupe terroriste chiite d’impliquer les Libanais dans une confrontation avec Israël dont ils ne veulent pas.

« Ce qui s’est produit [hier] sur la frontière entre le Liban et les territoires palestiniens (sic) aura des répercussions sérieuses sur la population entière du Liban », a déclaré Geagea sur le site de son parti.

« Comment le Hezbollah s’autorise-t-il à prendre des décisions militaires avec lesquelles les Libanais sont en désaccord et qui peuvent avoir des conséquences énormes au Liban, tout en négociant au même moment avec le Mouvement Futur [d’Hariri] ? »

Le quotidien pro-Hezbollah As-Safir a accusé Geagea de rompre le consensus national autour de la « résistance » (Hezbollah) et a annoncé des tirs de célébration mercredi dans les quartiers sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah.

Le journal a déclaré que la Croix Rouge libanaise avait augmenté son niveau d’alerte dans le sud, en préparation d’une possible frappe israélienne.