L’Europe ne pourra pas endiguer l’antisémitisme en multipliant les procès pour provocation à la haine mais doit plutôt le condamner davantage dans le discours public, a estimé lundi l’émissaire spécial des États-Unis contre l’antisémitisme.

« Nous comprenons bien qu’il est souvent très difficile d’intenter des procès pour incitation à la haine », a expliqué Ira Forman, en visite à Malmö, dans le sud de la Suède.

« C’est pour cela qu’il est crucial que les leaders politiques, mais aussi (…) le clergé, les responsables d’organisations à but non lucratif, les chefs d’entreprises et les responsables communautaires en général s’expriment quand ils voient de l’antisémitisme ainsi que toute forme de racisme et de discrimination », a-t-il affirmé à la presse.

« Nous ne croyons pas en des procès pour provocation à la haine, sauf dans les circonstances les plus extrêmes, quand le discours encourage la violence immédiate » a ajouté M. Forman.

« C’est une différence que nous allons avoir avec beaucoup de nos alliés européens ».

En France, Dieudonné est poursuivi pour apologie d’actes de terrorisme et provocation à la haine envers les Juifs dans deux affaires, dont les jugements sont attendus cette semaine.

La justice française doit notamment déterminer mercredi si en postant sur sa page Facebook « Je me sens Charlie Coulibaly », en référence à l’un des auteurs des attentats djihadistes commis en janvier à Paris, l’humoriste controversé s’est ou non rendu coupable d’apologie d’actes de terrorisme.

Les autorités danoises quant à elles ont affirmé enquêter sur « un grand nombre de cas » de personnes ayant exprimé leur sympathie envers des actes terroristes ou ayant fait d’autres remarques condamnables après deux attentats qui ont fait deux morts à Copenhague mi-février.

Plus d’un tiers des habitants de Malmö sont immigrés et des dirigeants de la communauté juive ont estimé que les auteurs de délits racistes sont généralement de jeunes hommes originaires du Moyen-Orient.