Un ordre municipal de Jérusalem pour que les petites surfaces ferment à Shabbat et pendant les fêtes religieuses change des décennies de statu quo entre les résidents religieux et laïcs, constitue une « application sélective » [de la loi], et reflète la capitulation du maire Nir Barkat face à la communauté ultra-orthodoxe de la ville, ont déclaré lundi devant la cour suprême les opposants à cet ordre.

Présentant une pétition au nom de quatre propriétaires de petites surfaces du centre de la ville, l’avocat Yossi Havilio a déclaré que les décisions qui touchaient des sujets si sensibles devraient être prises par tout le conseil municipal, qui a été élu par les citoyens, et pas une action technique du conseiller juridique de la municipalité.

Havilio, un ancien conseiller juridique de la ville de Jérusalem, devenu critique envers Barkat, a affirmé que l’instruction, délivrée au nom de l’actuel conseiller juridique, venait en fait du maire et de considérations politiques « sans rapport et non pertinentes ».

Il a déclaré que cela constituait une « application sélective » de la loi dans le centre de la ville qui n’est ni religieux, ni ultra-orthodoxe, mais un centre de commerces et de divertissements. En tant que tel, a-t-il déclaré, l’ordre municipal est en contradiction avec un jugement de la cour suprême sur l’équilibre approprié entre le droit à la liberté de religion et la nuisance au sentiment religieux.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Havilio a suggéré d’attendre les résultats d’une autre pétition portée devant la cour suprême contre la municipalité de Tel Aviv sur les notifications de fermeture à Shabbat pour les supermarchés et les kiosques de la ville blanche, ainsi que les recommandations d’une commission mise en place sur ce sujet par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Jérusalem est depuis longtemps la scène d’une bataille entre religieux et laïcs sur l’ouverture pendant Shabbat de magasins et de lieux de divertissements dans les quartiers non orthodoxes. L’année dernière, la communauté ultra-orthodoxe a essayé sans succès de mettre fin aux séances du samedi au complexe de cinéma Yes Planet, au sud du centre de la ville. Et deux ans auparavant, la communauté avait échoué à faire fermer HaTahana HaRishona – le complexe rénové de la gare situé à cinq minutes de marche.

L’ordre pour la fermeture des petites surfaces de la ville a été délivré une semaine après l’ouverture du complexe de cinéma en août 2015, poussant le conseiller laïc Ofer Berkovitz à suggérer que Barkat compensait les ultra-orthodoxes – une accusation que le maire a démentie.