L’investiture du président américain Donald Trump a été traitée avec un optimisme prudent par l’organe de presse de l’Autorité palestinienne tandis que les médias indépendants et ceux contrôlés par le Hamas ont adopté une approche plus critique de la montée en puissance de l’homme fort américain.

Mais alors que l’organe de presse de l’Autorité palestinienne a franchi la ligne imposée par Ramallah, qui a cherché à éviter la confrontation avec l’administration, il s’est attaqué à sa promesse de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le titre d’Al-Hayat au sujet du discours d’investiture de Trump contenait son slogan « America First », ainsi que son engagement à « éradiquer le terrorisme islamique radical ».

Tout en décrivant Trump comme un homme « sans expérience politique ou diplomatique qui a pris la direction de la plus grande puissance au monde », le journal de l’AP a cité la promesse d’Trump « de redonner l’Amérique sa grandeur ».

L’AP a pris soin de ne pas critiquer extérieurement Trump tout en soulignant sa colère à l’égard de la promesse du 45e président de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem – une décision qui, pour les Palestiniens porterait préjudice à la détermination de Jérusalem-Est comme future capitale.

Cela a été équilibré par le deuxième article d’Al-Hayat, dont le titre disait : « le président félicite Trump et attend avec intérêt de travailler avec lui pour la paix ; Abu Mazen [Abbas] : Jérusalem restera la capitale de l’Etat palestinien ».

L’article reprend les déclarations faites par le grand mufti de Jérusalem, qui « a mis en garde contre des mesures dangereuses si le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem » avait lieu.

Le projet de déménagement de l’ambassade a enflammé les tensions, avec des responsables américains et du monde arabe en mettant en garde que cela pourrait mener à de nouvelles violences dans les rues palestiniennes.

La semaine dernière, Jibril Rajoub, le dirigeant de la Fédération de Palestine de football et un haut dirigeant du Fatah, a qualifié Trump de « fou » et de « fasciste » et s’est attaqué à sa promesse de transférer l’ambassade à Jérusalem dans une interview traduite par le MEMRI.

Alors que la couverture médiatique d’Al-Hayat était à l’évidence moins critique au sujet de Trump en lui-même, une caricature montrant la statue d’Abraham Lincoln avec un pouce vers le bas envoyait un message clairement critique.

Les remarques optimistes retrouvées dans Al-Hayat n’ont pas été retrouvées dans le quotidien panarabe Al-Quds al-Araby, dans lequel un sentiment de crainte ressortait.

« Le monde entre dans la période de Trump en pleine manifestations d’opposition dénonçant la haine et la peur », peut-on lire en titre du quotidien.

Une caricature publiée dans Al-Quds al-Araby au sujet du discours de Trump montre des missiles sortant de la bouche de Trump visant une colombe fatiguée avec le mot « paix » inscrit sur elle en arabe.

"Trump dans son premier discours après son investiture", peut-on lire sous la caricature publié dans le journal al-Quds al-Araby, publié le 21 janvier 2017(Crdit : Capture d'écran du site Al-Quds al-Araby)

« Trump dans son premier discours après son investiture », peut-on lire sous la caricature publié dans le journal al-Quds al-Araby, publié le 21 janvier 2017(Crdit : Capture d’écran du site Al-Quds al-Araby)

Le site web affilié au Hamas, PalInfo, a publié un petit article sur l’inauguration intitulée « Trump prête le serment constitutionnel à Washington ».

Cet article timide, qui ne mentionne pas la rhétorique de Trump sur l’élimination du terrorisme islamique, a été contrasté par les réponses officielles du groupe de terroristes, où il a été ridiculisé pour ses commentaires.

« Cet ignorant n’a pas étudié l’histoire et ne connaît pas le sort de ceux qui ont déclenché les guerres des Croisées. Nous sommes une nation islamique qui risque de perdre une bataille mais qui gagnera toutes les guerres », a déclaré Moussa Abu Marzouk, le sous-gouverneur du Hamas, sur Twitter vendredi.

Moussa Abu Marzouk (Crédit : capture d’écran YouTube/Al Jazeera)

Moussa Abu Marzouk (Crédit : capture d’écran YouTube/Al Jazeera)

Dimanche, Abu Marzouk a publié une réponse officielle au nom du groupe qui a suivi de près ses déclarations vendredi sur le site d’information palestinien Quds Press, affirmant que les positions politiques actuelles de Trump « ne servent pas la stabilité de la région et poussent les Israéliens vers plus de radicalisme ».

Le Hamas n’a pas critiqué une politique spécifique de Trump, en dehors de sa promesse de déménager l’ambassade à Jérusalem.

« La menace de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem constitue une menace croissante, en particulier parce qu’elle provient d’un état de la taille des États-Unis », a déclaré Marzouk dans sa déclaration du dimanche.

Cependant, il a souligné qu’il y a une différence « entre mot et acte » pour les présidents américains, en particulier ceux prononcés pendant la « première période » de leur présidence.

À titre d’exemple, Marzouk a déclaré que la « meilleure preuve » était que l’ancien président américain Barack Obama, qui, selon lui, « n’a pas mis en œuvre » ses premières promesses faites en Égypte et en Turquie pour trouver la paix au Moyen-Orient.