Une commission ministérielle aurait reporté dimanche le vote d’une proposition pour « annuler » le retrait de 2005 du nord de la Cisjordanie et permettre aux Israéliens de revenir dans les implantations qui ont été démolies pendant ce retrait unilatéral il y a 12 ans.

La législation proposée a été soumise à la Knesset en février, et devait être présentée dimanche à la commission des Lois, qui détermine si un projet de loi reçoit le soutien de la coalition. Dimanche après-midi, les ministres ont cependant décidé de repousser la décision sur ce projet de loi d’une semaine, selon la Deuxième chaîne.

Le projet de loi des députés de HaBayit HaYehudi Shuli Moalem-Refaeli et Bezalel Smotrich amenderait spectaculairement la loi adoptée en 2005 par la Knesset qui avait ouvert la voie au retrait israélien de 21 implantations dans la bande de Gaza et de quatre situées dans le nord de la Cisjordanie.

En 2005, Ariel Sharon, alors Premier ministre, avait décidé de l’évacuation unilatérale des implantations juives de la bande de Gaza et remis le territoire aux Palestiniens, mettant fin à 38 ans de contrôle militaire israélien.

Contrairement à la bande de Gaza, dont l’armée israélienne s’est totalement retirée, l’armée est restée présente dans de nombreuses zones de Cisjordanie, y compris sur les sites des implantations évacuées.

Des Israéliens sur le château d'eau de l'implantation évacuée de Homesh, le 12 juin 2007. (Crédit : Maya Levin/Flash90)

Des Israéliens sur le château d’eau de l’implantation évacuée de Homesh, le 12 juin 2007. (Crédit : Maya Levin/Flash90)

Même si le texte du projet de loi décrit de manière générale l’autorisation pour les Israéliens d’entrer dans les zones qui ont été cédées, le fait que la bande de Gaza soit sous contrôle du Hamas implique que le texte ne porte dans les faits que sur les quatre implantations du nord de la Cisjordanie qui ont été évacuées au même moment, Kadim, Ganim, Homesh et Sa-Nur.

Des Israéliens ont tenté de rétablir Sa-Nur et d’autres implantations évacuées dans le passé, notamment en 2008, quand un millier de personnes a convergé sur Homesh, et des dizaines d’autres sur Sa-Nur.

Le texte du projet de loi traite des objectifs affichés de la Loi de désengagement initiale de 2005, qui cherchait à « créer une meilleure réalité sécuritaire, diplomatique, économique et démographique », et prédisait que la bande de Gaza serait désarmée et qu’une « nouvelle direction palestinienne sera établie, qui s’avérera capable de remplir ses obligations, conformément à la feuille de route [des accords de paix]. »

« Les 12 années qui ont passé depuis la décision du gouvernement, et les 11 ans depuis son implémentation ont ridiculisé les objectifs du désengagement, et ont à plusieurs reprises montré les failles sur lesquelles le plan se basait, ses pertes, et les dégâts immenses causés à la sécurité, l’économie, et les relations étrangères d’Israël », peut-on lire dans le projet de loi.

Depuis le retrait, Israël a combattu trois guerres contre le Hamas, après que le groupe terroriste a pris le pouvoir de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne (AP) en 2007. Ces dernières semaines, l’organisation terroriste a cherché à se réconcilier avec le Fatah, qui contrôle l’AP, pour céder le contrôle administratif de la bande de Gaza à l’AP en décembre. Israël a indiqué qu’il ne reconnaîtrait pas l’accord et le nouveau gouvernement de l’AP si le Hamas n’acceptait pas un désarmement complet et la reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Bezalel Smotrich, en chemise bleue, député de HaBayit HaYehudi, lors d'un rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur, dans le nord de la Cisjordanie, en août 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Bezalel Smotrich, en chemise bleue, député de HaBayit HaYehudi, lors d’un rassemblement dans l’implantation évacuée de Sa-Nur, dans le nord de la Cisjordanie, en août 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

« Puisque aucun objectif du plan de désengagement n’a été réalisé, et qu’il n’a causé que des dégâts énormes et aucun bénéfice, il existe une grande injustice faite aux citoyens dont l’évacuation et le déracinement ont été inscrits dans la loi, peut-on lire dans le projet de loi. Par conséquent, il est recommandé d’annuler l’interdiction d’entrée et de séjour dans les régions du désengagement, et, se faisant, d’effacer à un certain degré la tâche morale et nationale qui marque le passé de l’Etat d’Israël. »

En août, 11 députés du Likud et de HaBayit HaYehudi faisaient partie d’un groupe de plusieurs centaines de personnes qui se sont rendues à Sa-Nur et ont appelé Israël à reconstruire l’implantation.

A l’époque, David Bitan, député du Likud et président de la coalition, avait dit au Times of Israël que les quatre implantations n’avaient été évacuées qu’en raison de la pression américaine.

« Contrairement à Gaza où nous avons évacué tout le monde, ces quatre implantations sont dans la Zone C [contrôlée par Israël] et l’armée y opère toujours, avait-il dit. Par conséquent, il n’y a aucune raison pour que les Israéliens ne puissent pas y retourner. »

L’équipe du Times of Israël et Jacob Magid ont contribué à cet article.