Le gouvernement a approuvé dimanche à l’unanimité la fermeture du centre Holot (sud) et donné aux migrants un délai de trois mois pour quitter le pays faute de quoi ils seront expulsés, ont indiqué les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Selon des chiffres officiels à fin juin, 38 043 migrants africains, dont 27 494 Erythréens et 7 869 Soudanais, se trouvent illégalement en Israël.

Leur présence à Tel Aviv et d’autres endroits du pays a provoqué le mécontentement d’une frange de la population qui s’est parfois accompagné de violences.

Cette décision survient après que la Haute-cour de Justice a soutenu, fin août, la pratique controversée de l’expulsion des migrants vers des pays tiers – qui, selon les médias, seraient le Rwanda et l’Ouganda, ces deux pays acceptant d’accueillir les migrants si leur départ d’Israël se fait avec leur consentement.

« Notre politique envers les infiltrés présente trois étapes », a commenté Netanyahu devant les ministres lors de la réunion hebdomadaire du cabinet. « La première étape – les empêcher [de rentrer dans le pays]. Nous avons construit une barrière et émis des lois qui, ensemble, ont complètement stoppé le flux des infiltrés ».

« La seconde étape, c’est leur expulsion. Nous avons expulsé environ 20 000 de ces infiltrés qui se trouvent dans le pays de différentes manières. Et c’est maintenant la troisième étape – les expulsions accélérées ».

Ceux qui refusent de quitter le territoire seront emprisonnés.

« Ces expulsions ont lieu grâce à un accord international que j’ai conclu », a-t-il dit lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet.

« Cela nous permettra de fermer Holot », a-t-il ajouté, allusion au centre de rétention situé dans le désert du Néguev, qui peut accueillir jusqu’à 1.200 migrants.

Selon la décision du cabinet, ce centre sera fermé sous trois mois à compter de mi-décembre. Un porte-parole du ministère de la Sécurité publique a toutefois déclaré qu’une prolongation du délai était possible.

Avant le vote, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a déclaré que Holot était devenu « un hôtel » pour migrants en situation irrégulière « à la solde des contribuables qui n’encourage pas leur sortie » et coûte 240 millions de shekels (environ 58 millions d’euros) par an.

Dans une déclaration sur Twitter, M. Erdan a relevé que la fermeture de Holot était pré-conditionnée par la possibilité d’expulser ces migrants « vers un pays tiers ». Ni ce responsable ni Benjamin Netanyahu n’ont donné de précisions sur le pays tiers en question.

L’agence pour les réfugiés des Nations unies a exprimé une « grave inquiétude » vendredi face au plan israélien d’expulsion ou d’incarcération de milliers de migrants africains au cours des prochains mois.

Dans un communiqué, le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies a fait savoir qu’il était « gravement inquiet des propositions annoncées hier… Selon les termes de ces dernières, les demandeurs d’asile d’Erythrée ou du Soudan seraient dans l’obligation d’accepter leur relocalisation dans des pays d’Afrique ou d’être emprisonnés en Israël ».

L’AFP a contribué à cet article.