Les Palestiniens rejettent toute prolongation des négociations de paix avec Israël au-delà de la date butoir de la fin avril, a déclaré jeudi à l’AFP le négociateur en chef Saëb Erakat.

« Il ne sert à rien de prolonger les négociations, ne serait-ce que d’une seule heure, si Israël continue à mépriser le droit international », a affirmé M. Erakat en réponse à des propos du secrétaire d’Etat américain John Kerry selon lesquels les discussions entre les deux parties pourraient se poursuivre au-delà des neuf mois impartis.

En effet, les négociations de paix directes entre Israël et les Palestiniens, censées durer neuf mois, se prolongeront au-delà de la date butoir de la fin avril, avait indiqué plus tôt mercredi le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Rappelant qu’il travaillait depuis fin juillet 2013 à mettre sur pied un « accord-cadre » entre les deux parties, M. Kerry a dit à quelques journalistes qu’il « pensait que personne ne s’inquiéterait s’il y avait encore neuf mois (…) pour boucler » le processus de paix israélo-palestinien.

« Nous essayons d’obtenir une ossature, ce qui est une énorme tâche quand on sait que l’on s’est servi jusqu’ici de ces sept mois pour tenter de comprendre les positions des deux camps et pour pouvoir donner corps aux négociations finales », a expliqué le secrétaire d’Etat, qui impose un black-out médiatique sur la teneur des tractations directes, interrompues entre septembre 2010 et juillet 2013.

« Je ris de ceux qui disent que cela va nulle part. Ils ne savent pas parce que nous n’en parlons pas. Ils n’ont pas la moindre idée de l’état de nos négociations, ni où elles pourraient nous mener », a ironisé John Kerry.

Mais le climat s’est tendu à l’approche de l’échéance de ces pourparlers de paix fixée au 30 avril. Les délégations israélienne et palestinienne ne s’étant pas officiellement rencontrées depuis plusieurs mois, l’équipe de M. Kerry fait la navette entre les deux parties.

Lors de son dernier voyage au Proche-Orient en janvier, le secrétaire d’Etat avait présenté un projet d' »accord-cadre » traçant les grandes lignes d’un règlement définitif portant sur les questions dites de « statut final »: les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

John Kerry a rencontré la semaine dernière à Paris le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas, lequel avait constaté vendredi l’échec « jusqu’à présent » de la diplomatie américaine pour définir un accord-cadre.

Les idées présentées par M. Kerry à M. Abbas sont « inacceptables » et ne peuvent « pas servir de base à un accord-cadre » avec Israël, avait affirmé un responsable palestinien, notamment concernant « l’exigence d’une reconnaissance de la judéité de l’Etat d’Israël comme Etat-nation juif ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui doit être reçu lundi par le président Barack Obama à la Maison Blanche, a fait de cette reconnaissance d’Israël comme « Etat-nation du peuple juif » un élément cardinal d’un accord de paix.