Près de 13 % des Grecs ont voté pour les partis antisémites d’extrême droite lors des élections au Parlement européen de dimanche, répartis entre l’Aube dorée, qui a obtenu trois sièges, et le Rassemblement populaire orthodoxe (LAOS), qui, avec 2,7 % du vote populaire, a perdu son siège de la session précédente du parlement.

Mais même avec le déclin du LAOS, « ce serait une erreur de ne prendre en compte que le score de l’Aube dorée dans l’évaluation de l’extrême droite en Grèce », explique Victor Eliezer, secrétaire général du Conseil central des communautés juives de Grèce, au Times of Israel mardi.

Le parti de l’opposition Syriza, qui a dominé le vote populaire avec 27 % ce week-end, a déclaré publiquement que le Premier ministre Antonis Samaras de la Nouvelle Démocratie était responsable de l’acceptation croissante de l’antisémitisme dans le pays à cause du « riche panel [de son parti] d’extrémistes de droite et de
négationnistes ».

Eliezer a noté que trois membres éminents du LAOS avaient adhéré à la Nouvelle Démocratie avant les élections de 2012. « Depuis, ils n’ont pas fait de déclarations antisémites, et certains ont même renié leurs déclarations antérieures » a-t-il expliqué, précisant que la communauté juive a une de bonnes relations avec Samaras, qui est le premier vice-Premier ministre grec à visiter une synagogue.

Les experts politiques ont attribué le succès de l’Aube dorée – qui est le troisième parti le plus populaire dans le pays – à un « vote de protestation » d’un électorat privé de leurs droits après cinq ans de crise économique.

Mais Eliezer ne donne pas plus de crédibilité à cette explication. L’Aube dorée avait obtenu moins de 0,5 % lors de l’élection européenne de 2009, et depuis les trois élections suivantes de 2012, lorsqu’ils ont eu 6,7 % des voix, a recueilli un soutien croissant, aboutissant à près de
10 % dimanche. « Ce n’est pas un simple coup de chance », affirme-t-il.

« Aujourd’hui, après deux ans, en tenant compte du fait que la direction soit en prison et accusée de participer à une organisation criminelle – après que tous ces détails aient été publiés, les symboles, l’idéologie nazie et les méthodes pour former une nouvelle génération – il n’y a pas d’excuse ».

« Je suis désolé d’avoir à penser que 9,7 % des Grecs croient vraiment ce parti nazi peut sauver le pays de la catastrophe économique », a-t-il affirmé.

L’Aube dorée serait probablement d’accord avec Eliezer.

Lundi soir, le porte-parole du parti Ilias Kasidiaris a lu un message de son chef emprisonné Nikos Michaloliakos, déclarant : « La Nouvelle Démocratie a payé le prix de sa politique contre notre peuple et de ses mensonges et Syriza n’a pas réussi à exprimer la colère du public ».

« L’Aube dorée est à présent le troisième pôle dans la vie politique du pays. Notre slogan était que les voleurs doivent être en prison et l’argent qu’ils ont détourné rendu au peuple, mais les voleurs ont réussi à nous mettre en prison. Ils ont essayé de nous creuser une tombe, mais ils y sont tombés eux-mêmes ».

Six députés de l’Aube dorée sont actuellement en prison, où ils attendent leur procès pour avoir incité à des attaques contre les immigrés.

Cependant, les liens du parti avec la police et les militaires sont forts, et des membres de la police ont fait l’objet d’une enquête en octobre sur des soupçons d’organisation de cellules de l’Aube dorée.

Selon le journal grec Ekathimerini, l’Aube dorée a obtenu un score bien supérieur à la moyenne nationale dans les bureaux de vote spéciaux mis en place pour la police en service, en moyenne plus de 20 %.

Le lien avec les forces de l’ordre et de la sécurité peut être remarqué parmi les nouveaux membres de l’Aube doré au Parlement européen. Sur les trois membres élus deux sont d’anciens lieutenants généraux et le troisième est le père d’un membre de la Golden Dawn a été assassiné lors d’une fusillade.

Eleftherios Synadinos est un ancien commandant des forces spéciales de l’armée et Georgios Epitideios est un ancien directeur de l’état-major de l’Union européenne. Lampros Fountoulis, le père endeuillé, est un ancien employé de la poste qui dit qu’il va se battre pour les « victimes du terrorisme ».

Avant le vote, Epitideios publié une déclaration alarmiste qui affirmait :
« Notre pays est confronté au plus grand risque pour son existence depuis qu’il est devenu un Etat indépendant… et des milliers de compatriotes désespérés ont été poussé au suicide ».

Dans une interview avec Telegraph avant les élections, Fountoulis explique qu’: « Un parti politique ne peut être tenu responsable des incidents individuels durant lesquels d’impétueux jeunes gens ont cherché à se défendre et oui, peut-être que par le passé des anciens membres ont flirté avec le néonazisme, mais depuis que nous sommes devenus un parti légalement élu et ces éléments sont dans le passé ».

« Parce que nous sommes un parti de patriotes grecs, des gens qui aiment vraiment leur pays et veulent préserver notre intégrité culturelle et laisser la Grèce aux Grecs, est-ce que cela fait de nous des fascistes et des nazis ? »