Cinq citoyens russes originaires de Tchétchénie et soupçonnés de préparer un attentat ont été interpellés lundi soir dans le sud-est de la France, a-t-on appris mardi auprès du procureur de Béziers, Yvon Calvet.

Les cinq suspects ont été interpellés à Béziers, placés en garde à vue et des perquisitions ont eu lieu, a-t-on indiqué de même source. Il n’était pas possible dans l’immédiat de préciser le lieu présumé de l’attentat.

« Des produits ont été retrouvés lors de ces perquisitions », a expliqué Calvet, sans préciser leur nature. L’une des personnes interpellées habite Béziers et une autre « probablement » à Montpellier, a expliqué le magistrat.

Les enquêteurs s’efforcent en outre de trouver les adresses des trois autres suspects placés en garde à vue. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Montpellier.

La Bulgarie extrade un proche des frères Kouachi

La justice bulgare a décidé mardi l’extradition vers la France de Fritz-Joly Joachin, un Français proche des frères Kouachi, les auteurs de l’attentat du 7 janvier contre Charlie-Hebdo à Paris.

« Je suis innocent, je veux retourner en France », a déclaré Joachin. Il a admis connaître de longue date Chérif et Saïd Kouachi, mais conteste avoir été associé à la préparation de leur attentat.

 Fritz-Joly Joachin lors de son audience en Bulgarie (Crédit :  AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF)

Fritz-Joly Joachin lors de son audience en Bulgarie (Crédit : AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF)

Le tribunal de Haskovo (sud) s’est prononcé sur un mandat d’arrêt émis contre cet homme de 28 ans, d’origine haïtienne, pour « participation à un groupe criminel armé dont l’objectif était l’organisation d’actes terroristes ».

La décision est définitive, et selon Radi Radev, l’avocat du suspect, l’extradition pourrait intervenir « dans les 24 heures ».

Les faits reprochés à Joachin seraient passibles de dix ans de prison. Interrogé par l’AFP à la fin de l’audience, il s’est dit « content de retourner en France », et a répondu « non » à la question de savoir s’il redoutait une condamnation.

L’homme avait été interpellé le 1er janvier alors qu’il tentait de franchir la frontière bulgaro-turque avec son fils de 3 ans, dont on soupçonne qu’il voulait l’emmener en Syrie.

Joachin voyageait lors de son arrestation avec trois autres personnes, toutes soupçonnées de contacts avec Chérif Kouachi. Mais seul Fritz-Joly Joachin a été arrêté en Bulgarie – au titre, à l’origine, d’un premier mandat d’arrêt pour enlèvement parental -, ses compagnons ayant pu poursuivre leur route vers la Turquie.

Parmi eux figurait Cheikh Diakhabi, un Français condamné en 2006 pour être entré illégalement en Irak, et qui a été arrêté le 2 janvier en Turquie. Il devrait être expulsé vers la France d’ici « quelques jours », a indiqué une source proche du dossier à l’AFP en Turquie.

La compagne turque de Joachin, Imané Chanaa, qui l’accompagnait aussi au moment de son arrestation, a pour frère Younès Chanaa, détenu pour participation supposée à un réseau de recrutement en Europe de djihadistes pour le groupe Etat Islamique, ont précisé des enquêteurs.

Deux hommes recherchés après une opération anti djihadiste en Belgique

Deux hommes en fuite depuis le démantèlement jeudi d’une cellule djihadiste en Belgique sont recherchés par les autorités belges principalement en France et en Espagne, a indiqué mardi une source proche de l’enquête en Espagne.

« Un avis de recherche a été diffusé dimanche » auprès des services de police de France et d’Espagne par les autorités belges pour deux hommes nés en 1993 et 1996, a déclaré cette source à l’AFP, confirmant des informations publiées dans la presse espagnole et belge.

Les enquêteurs craignent que les deux hommes puissent tenter de rejoindre la Syrie ou d’autres pays, via l’Espagne et la Turquie, a-t-elle ajouté.

Le premier est de nationalité belge et le deuxième de nationalité néerlandaise, selon des médias espagnols qui diffusent des fiches de la police avec des photos des suspects présumés.

La police belge a d’abord cru que le plus jeune des deux « était mort dans l’opération » contre une cellule jihadiste à Verviers, dans l’est de la Belgique. Mais elle a ensuite pu déterminer que l’homme n’était pas l’un des suspects tués dans l’opération du 15 janvier. « Il est donc considéré comme en fuite » ainsi que l’autre homme recherché, selon cette source.

Treize personnes avaient été arrêtées en Belgique dans ce coup de filet, dont cinq ont été inculpées pour « appartenance à un groupe terroriste ».

Trois d’entre elles ont été incarcérées. Deux fugitifs ont également été arrêtés en France, et leur extradition a été demandée.

Un suspect arrêté samedi à Athènes et soupçonné d’avoir des liens avec cette cellule a accepté d’être extradé vers la Belgique pour « prouver son innocence ». Il avait été interpellé samedi dans le centre d’Athènes en compagnie d’un autre homme relâché depuis.

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de l’enquête lancée par la Belgique dans plusieurs pays européens après la découverte d’une « cellule terroriste » s’apprêtant selon Bruxelles à « tuer des policiers sur la voie publique et dans les commissariats » belges.

Pays-Bas : perquisition dans la maison familiale d’un djihadiste présumé

La police néerlandaise a mené mardi une perquisition dans le domicile familial d’un djihadiste présumé de 18 ans qui serait lié à la cellule démantelée en Belgique la semaine dernière, a indiqué le parquet.

« La police a saisi des ordinateurs et des téléphones portables », a ajouté le parquet, soulignant que son passeport avait été retrouvé à Verviers, dans l’est de la Belgique, pendant l’opération anti djihadiste des forces de police belges, au cours de laquelle deux suspects sont décédés.

La maison familiale se trouve dans la ville d’Utrecht, dans le centre des Pays-Bas.

« Le suspect fait probablement partie d’une cellule de djihadistes », a ajouté le parquet. Le jeune homme était déclaré disparu depuis septembre par ses parents.

Les autorités néerlandaises ont ouvert une enquête à son encontre pour « implication présumée dans des crimes terroristes », selon la même source.

Le jeune homme a été identifié par les médias espagnols comme Zaid Koulliss, né en 1996.

Il est recherché en France et en Espagne, en compagnie d’un autre homme, né en 1993 et identifié par les médias espagnols comme Abdelmounaim Haddad.

Les enquêteurs espagnols craignent que les deux hommes ne puissent tenter de rejoindre la Syrie via l’Espagne et la Turquie.

La police belge a d’abord cru que le plus âgé des deux « était mort dans l’opération » contre un repère d’une cellule djihadiste à Verviers, qui projetait des attaques contre les forces de l’ordre belges.

Mais elle s’est rendue compte qu’il n’était pas l’un des deux suspects tués dans l’opération du 15 janvier.

Treize personnes avaient été arrêtées en Belgique dans ce coup de filet anti djihadiste, dont cinq ont été inculpées pour « appartenance à un groupe terroriste ». Trois d’entre elles ont été incarcérées. Deux fugitifs ont également été arrêtés en France, et leur extradition a été demandée.

Un suspect arrêté samedi à Athènes et soupçonné d’avoir des liens avec cette cellule a accepté d’être extradé vers la Belgique pour « prouver son innocence ».