Les femmes palestiniennes gagnent 27 % de moins que leurs homologues masculins en moyenne, selon un rapport émis par le Bureau central des statistiques palestiniens (PCBS) à l’occasion de la Journée Internationale des droits des Femmes.

Selon les nouvelles statistiques, le salaire quotidien moyen d’une femme en Cisjordanie et à Gaza s’élève à 83,3 shekels contre 114,1 shekels pour les hommes.

Le docteur Fadwa al-Labadi, professeur d’études de la femme à l’université Al-Quds de Jérusalem, avance trois raisons pour justifier cet important écart de rémunération entre Palestiniens et Palestiniennes.

Elle explique que les femmes ne reçoivent pas de primes pour leurs époux et leurs enfants, tandis que les hommes obtiennent des primes proportionnelles à la taille de leurs familles.

Une femme palestinienne qui travaille dans l'usine de SodaStream à Mishor Adumim, le 2 février 2014 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Une femme palestinienne qui travaille dans l’usine de SodaStream à Mishor Adumim, le 2 février 2014 (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Elle indique également que les femmes sont moins payées par leurs employeurs, qui partent du principe que ce sont les hommes qui assurent les besoins du quotidien.

En enfin, elle indique qu’à qualification égale, les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’obtenir une promotion dotée d’un salaire plus important.

Un rapport paru en 2016 émanant de l’Organisation internationale du Travail indiquait que les écarts de rémunération entre les Palestiniens avaient tendance à se réduire en fonction du niveau d’études universitaires, de presque 50 % pour les diplômés de lycée à seulement 13 % pour les détenteurs d’un diplôme de licence ou de maîtrise.

Mais ce sont les femmes diplômées qui connaissent le plus fort taux de chômage en Palestine. En 2015, selon le PCBS, les femmes ayant enregistré 13 années d’éducation présentent un taux de chômage de 48 %. Le taux général de chômage en 2015 s’élevait à 39,2 % parmi les femmes et à 22,5 % parmi les hommes.

Les femmes sont également sous-représentées dans la main d’oeuvre, selon le rapport de PCBS. Le taux de participation des Palestiniennes dans la main d’oeuvre est de 19,3 %, contre 71,6 % d’hommes.

Le taux de participation des femmes a toutefois été multiplié par deux au cours des 15 dernières années, passant de 10,3 % en 2001 à 19,3 % en 2016.

Hanan Ashwari, seule femme appartenant au Comité exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) qui est composé de 18 membres, a déclaré dans un communiqué diffusé à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes que « la femme palestinienne est une partenaire de base dans la construction de la nation et dans le tissage d’une structure sociale juste en Palestine ».

Elle a ajouté : « Elle est aussi une partenaire authentique pour la sauvegarde du pluralisme, de la démocratie, de la justice sociale et de l’égalité conformément à la Déclaration d’indépendance de la Palestine qui réclame ‘l’égalité des droits sans discrimination ethnique, religieuse, raciale ou sexuelle' ».