En amont de la visite du président américain Donald Trump en Israël et en Cisjordanie, les haut responsables de l’Autorité palestinienne (AP) ont préparé une liste de demandes à l’intention du gouvernement américain pour des projets économiques qui les aideront à relancer leur économie.

Trump, qui a exprimé son désir de conclure « l’accord ultime » dans les négociations de paix israélo-palestiniennes, a également formulé son soutien pour « des initiatives qui débloqueront le potentiel de l’économie palestinienne », que l’AP et l’administration américaine ont étudiées à plusieurs reprises depuis l’entrée en fonction du président américain en janvier.

L’entourage du président de l’AP, Mahmoud Abbas, a présenté dans la liste des demandes durant une visite à Washington au début du mois, un aéroport en Cisjordanie, des hôtels sur le littoral de la mer Morte, une centrale électrique au nord de la Cisjordanie, et une cimenterie à Bethléem.

Dans les négociations avec Trump et ses conseillers, les responsables de l’AP ont abordé le problème du chômage en Cisjordanie, qui doit, selon eux, être géré urgemment en lançant une série de projets à grande échelle qui ramèneront des millions de Palestiniens sur la marché du travail.

Le président américain Donald Trump et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery-Pool/Getty Images via JTA)

Le président américain Donald Trump et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery-Pool/Getty Images via JTA)

Un responsable de l’AP a déclaré au Times of Israël que le problème du chômage est particulièrement présent chez les Palestiniens diplômés.

« Chaque année, près de 30 000 étudiants décrochent des diplômes universitaires, et seulement 7 000 d’entre eux trouvent du travail. Cela signifie que chaque année, 23 000 personnes s’ajoutent aux listes de chômage », dit-il, avant d’ajouter que le taux de chômage s’approchait des 21 %, bien que le chiffre officiel soit de 18 %.

Il a également précisé qu’une diminution de l’aide étrangère a exacerbé ce problème.

« Le montant de l’aide financière que l’AP reçoit de la part de pays donateurs a considérablement diminué. En 2008, l’AP a reçu 1,8 milliard de dollars de la part de ses donateurs, mais désormais, nous ne recevons plus que 700 millions. Il y a trois ans, ce montant tournait autour de 1,3 milliard. Pour nous, c’est une diminution dramatique », a-t-il dit.

Plusieurs responsables palestiniens ont également critiqué la série de motivations économiques préparées par Israël en amont de la visite de Trump, et ont indiqué que l’ouverture du passage Allenby à la frontière jordanienne pour quelques heures de plus chaque jour, ou l’octroi de cent permis de travail supplémentaires n’aura aucun impact significatif sur l’économie en Cisjordanie.

« À cause de cela, il faut investir dans de grands projets », a déclaré un deuxième responsable de l’AP, qui a confié au Times of Israël un certain nombres de ces projets.

En premier lieu, les Palestiniens souhaitent lancer des projets touristique. Le plus ambitieux est celui qui prévoit la construction d’un complexe hôtelier le long du littoral nord de la mer Morte. Pour cela, Israël devrait autoriser l’AP a accéder au littoral, situé dans Zone C de la Cisjordanie, contrôlée par Israël.

Des pierres recouvertes de sel sur les rives du bassin nord de la mer Morte le 11 janvier 2017 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Des pierres recouvertes de sel sur les rives du bassin nord de la mer Morte le 11 janvier 2017 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

« Il y a des investisseurs qui sont prêts à injecter des millions de dollars dans ce projet qui créera des milliers d’emplois », a assuré le responsable de l’AP.

Ramallah prévoit également de doper son industrie touristique en construisant un aéroport en Cisjordanie, a indiqué le responsable.

Il explique que l’AP ne cherche pas a construire un aéroport aussi grand que celui de Ben Gurion, ni de Queen Alia en Jordanie, mais un aérodrome pour accueillir les touristes qui arrivent en Cisjordanie, tel que celui de la ville balnéaire israélienne d’Eilat.

« Nous n’avons pas d’emplacement précis pour ce projet. Nous sommes prêts à construire un aéroport là où nous en aurons la permission », a-t-il dit.

Il a ajouté que l’AP avait également évoqué un investissement dans l’agriculture.

« Les bénéfices de l’agriculture sont trois fois moins importants qu’ils ne l’étaient quand on a signé les Accords d’Oslo », en 1993, a-t-il dit. « Nous demandons des emplacements à l’extérieur des villes, et dans certains cas, des régions de la Zone C. »

Les officiers de la police des frontières montant la garde pendant que les agriculteurs palestiniens utilisent des tracteurs pour travailler la terre dans le village de Qusra en Cisjordanie, avec l'avant-poste Esh Kodesh en arrière-plan, le 19 novembre 2013. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Les officiers de la police des frontières montant la garde pendant que les agriculteurs palestiniens utilisent des tracteurs pour travailler la terre dans le village de Qusra en Cisjordanie, avec l’avant-poste Esh Kodesh en arrière-plan, le 19 novembre 2013. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La responsable a également indiqué que l’AP cherchait à faire construire une cimenterie à Bethléem pour 36 millions de dollars, qui emploierait des milliers de Palestiniens, ainsi qu’une centrale électrique pour 60 millions de dollars, avec une capacité de 45 mégawatts. Il a ajouté que l’AP cherche à financer un parc de panneaux photovoltaïques comme source d’énergie alternative.

La nouvelle ville de Rawabi en construction le 23 février 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash 90)

La nouvelle ville de Rawabi en construction le 23 février 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash 90)

De plus, le responsable palestinien a indiqué que l’AP prévoit de construire une nouvelle ville palestinienne en Cisjordanie, qui, contrairement à Rawabi, près de Ramallah, ne serait pas destinés aux foyers aisés.

« Il y a une crise du logement, comparable à celle des [Israéliens]. Nous manquons d’appartements pour les familles défavorisées », a-t-il dit, en ajoutant que « ce projet vise à construire une nouvelle ville entre Naplouse et Jénine », au nord de la Cisjordanie.