Des responsables palestiniens ont affirmé dimanche qu’Israël n’avait pas réduit sa coopération avec l’Autorité palestinienne (AP), jetant le doute sur la signification d’une déclaration du ministre de la Défense Avigdor Liberman, qui avait ordonné à l’armée israélienne de rompre les relations civiles avec l’AP après le vote d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui condamne les implantations.

Selon la radio militaire, Liberman a ordonné dimanche à l’armée israélienne et au Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT), responsable de la mise en place des politiques du gouvernement israélien en Cisjordanie, de cesser tous contacts avec les représentants politiques de l’AP et des civils palestiniens, ainsi que de mettre fin à toute coopération dans les domaines politiques et civils.

La déclaration de Liberman s’inscrivait dans le cadre des conséquences diplomatiques suite au vote de la résolution vendredi.

Un responsable de l’AP a cependant déclaré au Times of Israël que les rencontres entre Israël et l’AP sur des sujets civils continuaient comme à l’accoutumée. De plus, il a déclaré que les Palestiniens n’avaient reçu aucune notification de la suspension de telles interactions.

Le porte-parole a déclaré qu’il n’y avait de toute façon pas de discussion sur les sujets politiques généraux, et que les seules rencontres qui avaient lieu portaient sur des sujets comme l’eau et l’électricité, qui se déroulaient comme d’habitude.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la conférence du barreau israélien à Tel Aviv, le 20 décembre 2016. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la conférence du barreau israélien à Tel Aviv, le 20 décembre 2016. (Crédit : Flash90)

En réponse, un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré au Times of Israël que la directive de Liberman ne s’appliquait qu’au rencontre entre l’armée israélienne et les représentants politiques de l’AP.

Il a souligné que la coopération sécuritaire continuerait comme prévu, ainsi que la coopération dans des domaines pratiques comme l’agriculture, l’eau et l’économie.

Le ministère de la Défense n’a pas répondu à une demande de clarifications pour savoir quelles activités spécifiques avaient été suspendues.

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies a été en partie rédigée par les Palestiniens, qui ont finalisé la semaine dernière la mesure avec l’aide de diplomates égyptiens et arabes.

La résolution déclare que l’activité d’implantation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem Est n’a « pas de validité légale et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à l’accomplissement d’une solution à deux états et d’une paix juste, durable et complète. »

La résolution a été votée vendredi soir par 14 voix favorable et zéro contre, et les Etats-Unis se sont abstenus. Des responsables israéliens ont fustigé les pays qui ont proposé ou soutenu la mesure ainsi que les Etats-Unis, qu’ils ont accusés d’avoir secrètement initié la résolution.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 25 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 25 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que l’ordre de Liberman dimanche était la première mesure visible contre les Palestiniens suite à l’approbation de la résolution, Israël a déjà pris des mesures de représailles contre les états qui ont voté la motion, notamment en rappelant ses ambassadeurs de Nouvelle-Zélande et du Sénégal, deux des quatre pays qui ont présenté la résolution au vote.

De plus, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a convoqué dimanche l’ambassadeur américain Dan Shapiro pour des « clarifications » après l’absence de veto américain à cette résolution. Il aurait également annulé une rencontre prévue le mois prochain avec son homologue britannique, Theresa May.