Les Palestiniens ont qualifié d’ « inacceptables » des propos de l’ambassadeur américain en Israël évoquant une « prétendue occupation » de la Cisjordanie par l’Etat juif.

Dans une lettre adressée à des diplomates et dont une copie a été consultée par l’AFP, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat souligne qu’Israël a accéléré la « colonisation » au cours des récents mois.

« De telles actions et pratiques n’auraient pu se produire sans la complicité de la communauté internationale », a déploré le principal négociateur palestinien dans les discussions avec Israël, aujourd’hui au point mort.

Selon lui, les commentaires de l’ambassadeur américain David Friedman la semaine dernière au journal Jerusalem Post dans lesquels il se réfère à une « prétendue occupation » de la Cisjordanie correspondent à une tacite approbation de la politique israélienne.

L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman, lors d'une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président de Jérusalem le 16 mai 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Pool/Flash90)

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, lors d’une cérémonie pour les nouveaux ambassadeurs à la résidence du président de Jérusalem le 16 mai 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Pool/Flash90)

« Nous considérons que la déclaration de l’ambassadeur américain à Tel Aviv, M. David Friedman, se référant à une ‘prétendue occupation’ comme inacceptable », souligne la lettre.

Israël a conquis la Cisjordanie et Jérusalem Est pendant la guerre des Six Jours de juin 1967. Il a ensuite annexé la partie orientale de la ville sainte.

Un responsable américain a expliqué à l’AFP que le commentaire en question « ne représentait pas un changement dans la politique américaine ».

Friedman, qui était l’avocat personnel du président américain Donald Trump avant d’être désigné ambassadeur en Israël, a été critiqué à plusieurs reprises par les Palestiniens pour son soutien à la présence israélienne en Cisjordanie.

L’administration Trump a affirmé vouloir créer les conditions d’une reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens, au point mort depuis 2014.

La politique d’implantation israélienne est l’un des sujets les plus épineux. Elle s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967 et plus de 600 000 Israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec environ trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem Est.

Donald Trump a semblé prendre ses distances avec la solution à deux états, un état palestinien indépendant coexistant aux côtés d’Israël pour régler le conflit.

La solution à deux états est la référence d’une grande partie de la communauté internationale, de l’ONU à la Ligue arabe, en passant par l’Union européenne.