Les Palestiniens ont décidé de geler les rencontres avec les officiels américains après l’annonce par l’administration Trump de la fermeture à venir de la représentation palestinienne à Washington, ont indiqué mardi des responsables.

« A quoi bon les rencontrer alors qu’ils ferment notre bureau », a dit le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Malki dans un message à l’AFP.

« En fermant le bureau (de l’Organisation de libération de la Palestine – OLP) ils gèlent eux-mêmes toutes les rencontres. Nous ne faisons qu’officialiser cet état de fait », a-t-il ajouté.

« Nous continuons d’être en contact avec les responsables palestiniens sur le statut du bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington ainsi que sur nos efforts plus larges pour promouvoir une paix globale et durable », a déclaré un responsable américain sous couvert d’anonymat. « Ces discussions sont en cours ».

A l’instant même où ce gel était annoncé par le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki, le président Mahmoud Abbas évoquait en Espagne sur un ton plus conciliant les « efforts américains continus » en faveur de la paix et affirmait sa volonté de parvenir à un accord avec Israël « sous les auspices du président Donald Trump ».

Un porte-parole de l’OLP, Achraf Khatib, a indiqué à l’AFP que le président de l’OLP Mahmoud Abbas avait donné pour instructions de « couper les lignes de communication avec les Américains ».

Les Palestiniens mettent à exécution les menaces proférées en fin de semaine passée, après que l’administration Trump les eut informés de son intention de fermer le bureau de représentation de l’OLP, sorte d’ambassade de l’organisation reconnue par l’ONU comme la représentante des Palestiniens.

Les responsables palestiniens ont ouvertement exprimé leur colère après cette annonce de l’administration américaine.

Les Etats-Unis ont refusé de renouveler l’autorisation permettant à l’OLP d’avoir une représentation à Washington, une première depuis les années 1980, avait auparavant dénoncé le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki.

Le secrétaire général de l’OLP, Saeb Erekat, avait ainsi affirmé vendredi sur une vidéo publiée sur Twitter que les Etats-Unis avaient été officiellement informés que si la mission palestinienne est fermée « nous suspendrons toutes nos communications avec l’administration américaine. »

Saeb Erekat avait qualifié la décision américaine de « très regrettable et inacceptable », l’imputant à des pressions exercées par le gouvernement du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

« A un moment où nous nous efforçons de coopérer pour parvenir à un accord (de paix avec les Israéliens), ils décident de telles démarches qui sont à même de saper la totalité du processus de paix », a déploré M. Erekat.

« L’Autorité palestinienne a reçu il y a deux jours une lettre du département d’Etat (américain) indiquant que le secrétaire d’Etat n’avait pas trouvé suffisamment de raisons de garder ce bureau ouvert », a affirmé M. Malki.

« Ceci ne s’est jamais produit dans le passé et nous avons demandé des clarifications au département d’Etat et à la Maison Blanche », a-t-il ajouté. « Ils nous ont répondu qu’il y aurait une réunion d’experts de haut niveau lundi et ils nous donneront alors une réponse claire », a ajouté le ministre palestinien.

Un responsable du département d’Etat avait expliqué que « certaines déclarations faites par les dirigeants palestiniens sur la Cour pénale internationale (CPI) » étaient à l’origine de cette décision. Il avait également lié la poursuite des activités de l’OLP à la relance des négociations de paix avec Israël.

Lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, M. Abbas avait appelé la CPI « à ouvrir une enquête et à poursuivre les responsables israéliens pour leur implication dans la colonisation et les agressions contre » la population palestinienne.

Un article de loi voté en 2015 par le Congrès interdit au gouvernement d’autoriser la mission de l’OLP si les Palestiniens « influencent » l’ouverture une enquête de la CPI sur des crimes israéliens présumés.

Les Etats-Unis, comme Israël, ne reconnaissent pas la CPI, premier tribunal permanent chargé de juger les génocides, crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

La présidence américaine qui avait appelé à la fermeture de ce bureau, avait décidé dans un premier temps de conditionner son maintien à une autorisation renouvelable tous les six mois auprès du département d’Etat.

« C’est la première fois depuis les années 1980 qu’il y a un retard pour obtenir cette autorisation nécessaire au fonctionnement du bureau », a souligné M. Malki.

Selon M. Maliki, le bureau de l’OLP peut continuer à fonctionner « de manière réduite » encore 90 jours.

C’est le délai maximum pour que le président Donald Trump détermine si les Palestiniens « se sont engagés dans des négociations directes et sérieuses avec Israël », avait expliqué le responsable du département d’Etat.

Les Etats-Unis « ne rompent pas les relations avec l’OLP, ni n’ont l’intention d’arrêter de travailler avec l’Autorité palestinienne », avait souligné le responsable.

« Nous restons concentrés sur une paix globale entre Israéliens et Palestiniens qui résoudra les problèmes essentiels entre les deux parties ».

En septembre, M. Trump avait assuré qu’un accord de paix israélo-palestinien était « possible ». Il a chargé son gendre et conseiller Jared Kushner de relancer le processus de paix. Mais l’administration Trump s’est gardée jusqu’ici de soutenir la solution à deux Etats, suscitant la frustration des dirigeants palestiniens.