Les responsables palestiniens ont réclamé mercredi une prise de position « claire » de l’administration de Donald Trump en faveur de la création d’un état palestinien indépendant, à la veille d’une visite à Ramallah d’émissaires du président américain.

Ils ont déclaré à l’AFP attendre aussi que l’administration Trump s’oppose aux implantations israéliennes en Cisjordanie.

Les dirigeants palestiniens réclament « une réponse claire et franche de l’administration sur sa position concernant la solution à deux états et les colonies », a déclaré Ahmed Majdalani, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Nous n’attendons pas grand-chose de cette administration sans engagement américain envers l’arrêt de la colonisation et la solution à deux états », c’est-à-dire la création d’un état palestinien indépendant coexistant avec Israël, a-t-il ajouté.

Le président de l’Autorité palestinenne (AP) Mahmoud Abbas doit recevoir jeudi à Ramallah une délégation de la Maison Blanche comprenant Jared Kushner, haut conseiller du président américain, et Jason Greenblatt, représentant spécial de Donald Trump pour les négociations internationales.

Le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, avec Jared Kushner, à Amman, le 22 août 2017. (Crédit : Twitter/Royal Hashemite Court)

Le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, avec Jared Kushner, à Amman, le 22 août 2017. (Crédit : Twitter/Royal Hashemite Court)

Les émissaires américains doivent également rencontrer des responsables israéliens, au cours d’une tournée régionale les ayant déjà conduits en Jordanie et en Egypte et censée poursuivre l’effort entrepris pour relancer les discussions entre Israéliens et Palestiniens.

Les dirigeants palestiniens cachent de moins en moins leur frustration face à l’attitude des Etats-Unis.

Trump a semblé prendre ses distances avec la solution à deux états, un principe de référence de la communauté internationale, en recevant en février le Premier ministre Benjamin Netanyahu, suscitant l’alarme palestinienne.

Sur les implantations, et après l’annonce par Israël de milliers de nouveaux logements en Cisjordanie, Trump s’était contenté d’appeler Netanyahu à la retenue.

Après la suspension des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, la construction dans les implantations a continué. La construction a augmenté de 70 % entre avril 2016 et mars 2017, selon des statistiques israéliennes.

Les émissaires américains ont rencontré Israéliens et Palestiniens à plusieurs reprises depuis janvier.

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à droite, avec Zehava Galon, présidente du parti israélien Meretz, et un député de son parti, Issa Freij, à Ramallah, le 20 août 2017. (Crédit : Osama Falah/Wafa)

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à droite, avec Zehava Galon, présidente du parti israélien Meretz, et un député de son parti, Issa Freij, à Ramallah, le 20 août 2017. (Crédit : Osama Falah/Wafa)

Lors d’une rencontre avec les représentants du parti de gauche israélien Meretz, Abbas a dit avoir rencontré les envoyés de Trump environ une vingtaine de fois et ne toujours pas comprendre l’approche américaine.

Jibril Rajoub, haut cadre du Fatah, parti d’Abbas, a lui aussi déclaré que les Palestiniens attendaient une prise de position nette des Américains. « Il est temps que le président Trump prête sérieusement attention à l’établissement d’un Etat palestinien. »

Les experts sont pessimistes quant aux chances d’une avancée prochaine.

« L’optimisme au sein de la direction et de la population palestiniennes envers l’administration Trump est au niveau zéro », dit l’analyste palestinien Omar al-Ghoul.