Les négociateurs palestiniens ont repoussé lundi comme un « chantage » une proposition israélienne de prolonger les pourparlers en échange de la libération du dernier contingent de prisonniers prévu et de libérations ultérieures, ont affirmé des responsables palestiniens proches du dossier.

« Israël pratique une politique de chantage en liant son accord pour la libération du quatrième groupe de prisonniers à l’annonce par la partie palestinienne de son acceptation d’une prolongation des négociations » de paix, a déclaré à l’AFP un de ces responsables après une rencontre dans la nuit entre délégations des deux parties et l’émissaire américain Martin Indyk.

Une proposition israélienne en ce sens a été « refusée par les Palestiniens », a-t-on indiqué de mêmes sources, précisant qu’elle « prévoyait la libération de 420 autres prisonniers choisis par Israël, ne comprenant pas de condamnés à de lourdes peines, ni de malades, ni de dirigeants comme Marwan Barghouthi et Ahmad Saadat, ni enfants, ni femmes ».

Cette offre incluait également un gel partiel de la colonisation, mais pas à Jérusalem-Est ni pour les appels d’offres déjà lancés, selon les mêmes sources.

La direction palestinienne réunie autour du président Mahmoud Abbas « discutera ce soir du non respect par Israël de son engagement aux ententes prévoyant, en contrepartie de la libération de tous les prisonniers d’avant les accords d’Oslo (en 1993, NDLR), un gel des démarches auprès des organisations de l’ONU, au nombre de 63 », a-t-on ajouté.

Israël a refusé de libérer samedi comme prévu un quatrième et dernier contingent de prisonniers.

Un accord conclu sous l’égide du secrétaire d’Etat américain John Kerry a permis la reprise en juillet pour neuf mois des négociations de paix.

Aux termes de cet accord, la direction palestinienne s’est engagée à suspendre pendant les pourparlers toute démarche d’adhésion aux organisations internationales, y compris à des instances judiciaires susceptibles de poursuivre Israël, en contrepartie de la libération en quatre phases de 104 prisonniers, dont les trois premiers groupes ont été relâchés.