Les responsables palestiniens se réuniront jeudi pour discuter de la rupture des liens militaires avec Israël, l’élection de mardi qui n’ pas détrôné le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ce qui a provoqué la colère à Ramallah.

Le Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui a à sa tête le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, débattra des mesures concrètes à prendre pour mettre en œuvre la décision antérieure de mettre fin à la coopération en matière de sécurité, considérée comme la clé de voûte d’Israël et de l’AP dans leurs efforts pour lutter contre le terrorisme en Cisjordanie.

Le Conseil a fixé la date de la réunion avant la tenue des élections mais ses membres ont expliqué qu’ils attendraient les résultats définitifs pour prendre une décision.

Cependant, les analystes estiment qu’aucune mesure importante ne sera prise avant la formation d’une coalition gouvernementale.

Un haut responsable palestinien a déclaré au Times of Israel qu’une victoire décisive de Netanyahu sera certainement bénéfique pour les efforts de l’Autorité palestinienne visant à saper la crédibilité d’Israël dans l’arène internationale.

Si Netanyahu est réélu, exhorter la communauté internationale à soutenir la cause palestinienne deviendra beaucoup plus facile car il est largement perçu comme un faucon politique. A cela se rajoute ses déclarations selon lesquelles un Etat palestinien ne sera pas établi tant qu’il restera Premier ministre, a ajouté le responsable.

L’OLP a déclaré début mars qu’il mettra fin à la coopération sécuritaire avec Israël après que l’Etat juif a décidé de geler les recettes fiscales des Palestiniens en représailles à leur demande d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) en janvier afin de poursuivre Israël pour crimes de guerre. En vertu d’un accord économique 1994, Israël avait accepté de transférer chaque mois à l’Autorité palestinienne les dizaines de millions de dollars des droits de douane perçus sur les marchandises destinées aux marchés palestiniens qui transitent par les ports israéliens.

Mais une source proche du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré à radio Israel que la décision du Conseil de mettre fin à la coopération en matière de sécurité n’était qu’une recommandation. Un autre responsable palestinien a ajouté qu’Abbas devait émettre un décret présidentiel pour valider ce changement.

Mis en place dans le cadre des accords d’Oslo de 1993 qui a fondé l’Autorité palestinienne, la coordination sécuritaire implique le partage des renseignements et est considérée comme cruciale pour Israël car elle lui permet de garder un œil sur le Hamas et ses membres en Cisjordanie.

Les dirigeants palestiniens ont déjà, dans le passé, menacé de couper les liens sécuritaires avec Jérusalem, mais la coopération a été maintenue malgré les menaces car les deux parties avaient un intérêt commun à conserver cet arrangement.

Israël considère la coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne en Cisjordanie comme un pendant essentiel dans sa lutte pour contrecarrer les attaques contre des civils et des soldats israéliens et obtenir des renseignements sur le terrain.

Cela se traduit aussi par une présence réduite des troupes israéliennes et la réduction des affrontements en Cisjordanie. Tsahal retire aussi progressivement les barrages routiers.

Abbas avait déclaré jadis que la coopération sécuritaire avec Israël persisterait malgré des différends avec le gouvernement israélien.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.