Les parents des trois adolescents enlevés en Cisjordanie jeudi ont écouté pour la première fois l’enregistrement de l’un d’eux affirmant avoir été kidnappé, dans une réunion émouvante avec les responsables de la défense mercredi.

Lors de la réunion, les parents ont également été briefés sur les efforts militaires pour localiser leurs fils Naftali Frenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrach dans une opération massive en Cisjordanie. Le ministre de la Défense Moshe Yaalon les a avertis qu’ils allaient devoir affronter de longues heures d’incertitude.

L’appel téléphonique, fait par l’un des adolescents peu de temps après l’enlèvement jeudi soir dernier à la police de Kiryat Arba, avait été tenu secret. Les autorités israéliennes ont reconnu une défaillance opérationnelle apparente, expliquant le fait que l’appel n’ait pas été immédiatement transféré à l’armée.

A l’écoute de la voix du jeune garçon dans l’enregistrement de deux minutes, certains parents ont perdu leur sang-froid et ont quitté la pièce. D’autres ont eu une réaction plus modérée, selon la Deuxième chaîne.

Dans l’enregistrement, l’un des trois jeunes dit : « nous avons été enlevés ». Le répartiteur de la centrale téléphonique pensait que l’appel était une farce. Recomposant le numéro et ne recevant pas de réponse, il a décidé de l’ignorer. C’est ainsi que sept heures sont passées entre l’appel et l’avertissement à l’armée.

Selon les fonctionnaires de police, la voix sur l’enregistrement est difficile à entendre, mais l’argument est rejeté par les sources militaires.

Depuis l’enlèvement jeudi, les forces israéliennes ont lancé une campagne massive pour localiser les garçons et les ravisseurs, détruisant des parties de l’infrastructure terroriste du Hamas en Cisjordanie.

Dans une rencontre avec les parents mercredi, Yaalon les a félicités de leur fermeté et de la force, s’est engagé à les soutenir et les a exhortés à faire preuve de patience et de retenue.

« Dans cet incident, l’une des choses les plus importantes est votre fermeté, qui est admirable », a déclaré Yaalon. « Nous, et surtout vous, avez de longues et difficiles heures d’attente, de doute et d’incertitude devant vous. »

Il a expliqué que le but de l’opération militaire en cours était d’atteindre les ravisseurs et les jeunes « aussi rapidement que possible ». Il a ajouté que jusqu’à preuve du contraire, l’hypothèse de travail de l’armée est que les garçons sont vivants.

En ce qui concerne la portée et la durée de l’opération, le ministre de la Défense a déclaré que l’armée concertait ses forces, de terre et de renseignement, et effectuait des recherches méticuleuses dans la région, afin de repérer les garçons.

« Il n’y a aucune limite à la portée de l’opération », a déclaré Yaalon. « Toute l’intelligence et les capacités opérationnelles de l’armée israélienne, le Shin Bet et la police israélienne ont été mobilisés pour l’opération, considérée comme première priorité. Nous ne connaîtrons pas de repos jusqu’à ce que nous mettions la main sur les ravisseurs et ramenions les garçons à la maison. »

Les parents ont également rencontré de haut-gradés de l’armée israélienne.

Plus tôt mercredi, le ministre de la Sécurité publique Yitzhak Aharonovitch a rencontré des étudiants et des enseignants de la yeshiva Mekor Haim dans le Gush Etzion, où les garçons kidnappés étudiaient.

Aharonovitch a mis à jour les élèves et les enseignants sur les récents développements et a répondu à leurs questions.

« Ils ont posé des questions réelles et douloureuses », a déclaré le ministre après la réunion. « Ils sont inquiets, mais pleins d’espoir et de foi. »

Au cours de son discours, Aharonovitch a abordé les critiques de la police pour sa mauvaise gestion de l’appel téléphonique.

« L’objet de la critique est justifié, naturellement », dit-il. « Nous devons examiner la question et tirer des conclusions. J’ai entendu la bande, elle est très difficile à comprendre, mais un de ces jours, elle sera rendue publique. S’il y a eu omission, cela sera étudié. »

Mardi, le commissaire de police Yohanan Danino a affirmé qu’il avait nommé une commission pour enquêter sur l’incident.