Des milliers de personnes se sont rassemblées à kibboutz Nachshon à l’ouest de Jérusalem lundi pour rendre un dernier hommage à Shira Banki, la lycéenne de 16 ans poignardée fatalement lors de la Gay Pride de Jérusalem jeudi dernier.

Les proches de la victime, y compris ses camarades de classe, ses amis et sa famille se sont rappelés d’une « belle fleur » qui a été tuée dans un acte de haine insensé.

Banki était l’une des six personnes qui ont été poignardées par Yishai Schlissel un assaillant ultra-orthodoxe. Evacuée vers un hôpital local dans un état critique, Banki a succombé à ses blessures dimanche.

Lors de la cérémonie funéraire interdite aux médias, ses parents, Uri et Mika ont salué leur fille.

« Shira était une fille intelligente, belle, gentille, curieuse et elle aimait la musique… Même l’adolescence l’avait touchée avec grâce et elle était devenue une belle fleur ».

« Toute son innocence, sa beauté, sa joie et sa gentillesse sont tombés sur l’autel de la haine, de la méchanceté, de la cruauté et de l’ignorance, ont-ils déclaré. Nous éprouvons une douleur, un manque un choc et chaque parent préférerait mourir que d’éprouver de tels sentiments ».

« Nous n’avons pas de problèmes avec les personnes portant des kippas et des barbes, ont-ils continué. Nous savons que beaucoup de prières ont été dites avec sincérité et émotion pour la guérison de notre fille, en public et en privé. Notre colère est contre la haine et la sanctification de votre objectif aux dépens de la douleur d’une autre personne ».

« Maintenant, nous allons rentrer à la maison et essayer de reconstruire notre famille, d’apprendre à être cinq au lieu de six. Nous essaierons de haïr moins et d’aimer plus, c’est ce que nous avons à offrir ».

S’exprimant devant des étudiants lundi, le président Reuven Rivlin a déclaré que Banki « aimait la vie, les animaux et qu’elle croyait en la vie ».

« Shira était une fille de principes. Elle a rejoint la parade au nom de valeurs auxquelles elle croyait, la tolérance, l’égalité, l’espoir et l’amour, a déclaré le président. La lutte contre l’incitation à la haine ne commence ni ne finit avec la protection policière, le silence et l’indifférence aux menaces réelles et virtuelles ne feront qu’augmenter le danger. »

Le président a lui-même été visé récemment par des menaces de mort après ses condamnations emphatiques des actes violents commis par des extrémistes israéliens juifs.

L’assailant Schlissel avait été libéré de prison trois semaines plus tôt avant l’attaque après avoir purgé 10 ans de prison pour avoir perpétré un crime presque identique à la Gay pride en 2005 où il avait poignardé trois personnes.

Les autorités sont sous le feu de critiques pour avoir échoué d’empêcher Schlissel de s’approcher de la parade annuelle. Il avait fait une série de déclarations publiques indiquant qu’il préparait une autre attaque à la Gay Pride. Il a distribué des manifestes anti-gay écrits à la main dans lesquels il qualifiait la parade de « honteuse » et « blasphématoire ».

Le ministre de la Sécurité intérieure d’Israël Gilad Erdan a déclaré lundi que le meurtre aurait « sans aucun doute » pu être évité. Le chef de la police de Jérusalem Moshe Adri a accepté la responsabilité de l’échec mais il n’a pas l’intention de démissionner, a annoncé la Radio de l’Armée.

Erdan a mis en place un comité pour examiner la gestion de la parade par la police. Dans un entretien avec Radio Israël lundi, Erdan a déclaré que le comité commencerait son enquête cette semaine et la finirait dans 10 jours environ pour rendre ses conclusions publiques.

Vendredi, le magistrat du Tribunal de Jérusalem a déterminé que Schlissel était apte à être jugé et a prolongé sa détention pour 12 jours. Schlissel a déclaré qu’il ne reconnaissait pas l’autorité de la cour parce qu’elle ne respectait pas la loi juive.

Une veillée à la mémoire de Banski a eu lieu au centre-ville de Jérusalem dimanche soir où des centaines d’amis de Banki, des camarades de classe et membres de la communauté LGBT ont honoré sa mémoire.