Les parents haredim et arabes en quête d’une meilleure éducation pour leurs enfants – rapport
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Les parents haredim et arabes en quête d’une meilleure éducation pour leurs enfants – rapport

Les minorités inscrivent de plus en plus leurs enfants dans des écoles qui garantissent l'apprentissage du tronc commun pour améliorer leurs perspectives d'avenir

Photo d'illustration : Des enfants dans une classe  (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Photo d'illustration : Des enfants dans une classe (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une nouvelle étude établie par l’institution Shoresh indique que les parents haredim et arabes israéliens choisissent d’inscrire leurs enfants dans des écoles religieuses non-haredim et laïques pour garantir qu’ils étudieront les fondamentaux du programme dans le but de sauvegarder l’indépendance économique et la capacité de travailler de leurs enfants dans le cadre d’une économie concurrentielle.

Les données collectées par Shoresh montrent que tandis que dans les années 2000 à 2009, l’inscription au cours préparatoire des enfants haredim a augmenté de 4,2 % par an, l’inscription dans des établissements religieux a augmenté que de 1,2 % par an tandis que ce taux s’établit à 0,3 % en ce qui concerne les écoles laïques dans cette même période. Les enfants inscrits ces années-là sont nés entre 1994 et 2003, et les changements annuels dans les inscriptions reflètent la différence dans ces groupes, a établi le rapport.

Néanmoins, le taux de naissance chez les haredim a commencé à baisser en 2003 même s’il reste, et de loin, plus élevé que celui des autres groupes juifs religieux et, bien entendu, supérieur au taux de naissance parmi les Juifs laïcs.

Malgré les différences dans les taux de naissance, les changements annuels survenus dans les inscriptions au cours préparatoire sont restés pratiquement identiques entre ces trois groupes depuis 2009, dit le rapport. Au vu de la différence entre ces groupes en termes de fécondité, « il est probable que de nombreux haredim inscrivent dorénavant leurs enfants dans des écoles religieuses non-haredim ».

« L’une des conclusions particulièrement intéressantes que nous avons tirée semble indiquer que de nombreux parents haredim commencent à comprendre ce que leurs responsables ne comprennent pas », commente le professeur Dan Ben-David, auteur du « Manuel de Shoresh : L’éducation et son impact sur Israël », dans un courriel.

« Tandis que les politiciens et les rabbins continuent à insister sur le fait que leurs écoles n’enseignent pas le tronc commun, il semble y avoir un changement majeur dans la manière dont un grand nombre de parents haredim perçoivent l’importance du programme fondamental ». Et tout cela survient « en-deça du radar public ».

« Tandis que le taux de fécondité continue à être bien plus élevé que celui des Juifs religieux, l’augmentation du pourcentage des inscriptions dans les écoles haredim est identique à celui des écoles religieuses juives depuis 2 009 », poursuit-il.

« Apparemment, un grand nombre de parents haredim commencent à inscrire leurs enfants dans des écoles religieuses non-haredim offrant un tronc commun, de manière à ce que leurs enfants puissent bénéficier de meilleures opportunités d’emploi quand ils seront adultes que cela n’a été le cas pour les parents ».

Les enfants qui sont entrés au cours préparatoire en 2 009 étaient nés en 2003, tout de suite après les coupes massives effectuées dans les aides sociales qui avaient obligé un grand nombre d’Israéliens à entrer pour la première fois sur le marché de l’emploi, explique-t-il. « Il est très possible que le choc de leur non-préparation a mené des parents à tenter de s’assurer que leurs enfants, une fois adultes, connaîtront un meilleur départ dans l’existence ».

Un modèle similaire semble s’être développé parmi les Arabes musulmans qui entrent de plus en plus dans la classe moyenne et désirent une meilleure éducation pour leurs enfants que celle qui est actuellement offerte dans les écoles musulmanes, ajoute-t-il. « En résultat, un grand nombre ont commencé à inscrire leurs enfants dans des écoles chrétiennes arabes – et dans des écoles juives dans les villes où les communautés sont mélangées ».

Photo d’illustration : Des enfants dans une classe (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Et même ainsi, dit le rapport, les populations en Israël qui augmentent le plus rapidement – les haredim et les musulmans – sont également celles qui reçoivent la pire éducation et approximativement la moitié des petits israéliens reçoit un enseignement du niveau de celui du tiers-monde.

La qualité de l’éducation des enfants israéliens « déterminera l’avenir du pays », fait savoir le rapport.

Même si Israël peut être l’un des pays les plus éduqués dans le monde au niveau du travail, le niveau qualitatif de son enseignement est l’un des pires dans le monde développé dans la mesure où il se concentre davantage sur le nombre d’années d’étude que sur la qualité de l’apprentissage, ajoute le rapport.

Tandis que la relation entre le nombre d’années de scolarité et la croissance économique est faible, il existe un lien très fort entre la qualité de l’éducation et la croissance.

De plus, Israël – avec l’un des nombres les plus élevés d’années de scolarité par individu du monde développé – est également un pays qui enregistre les plus faibles taux de productivité et les plus fort taux de pauvreté. L’économie israélienne fonctionne mieux que la plupart des autres et ses institutions universitaires sont à la pointe, indique le rapport. Cette prospérité économique et académique doit simplement parvenir à s’étendre à tous les angles de la société.

« La question de réparer le système éducatif israélien est, en premier lieu, celle d’enlever des oeillères pour faire la distinction entre pensée magique, fantasme et preuve véritable – et celle de trouver des moyens et le leadership nécessaires pour mettre en oeuvre les indispensables changements ».

« Israël affronte le danger existentiel de tout perdre si le pays ne se réveille pas à temps pour comprendre quels sont les périls de sa trajectoire actuelle », conclut le rapport.

L’institution Shoresh est une institution de recherche politique indépendante.

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