Mardi, l’humanité a vu pour la première fois des images rapprochées de Pluton, le dernier arrêt dans le système solaire avant d’entrer dans le gouffre de l’espace.

La mission New Horizons de la NASA, lancée il y a près d’une décennie, a fait un long voyage de plus ou moins 5 milliards de kilomètres, et peut enfin sous les projecteurs transmettre des centaines de photos de la planète naine prises à seulement 13 000 km.

Les photos donneront aux scientifiques beaucoup de choses à analyser et de matières à discuter, et je l’espère, permettra d’apporter plus d’informations sur les nombreux détails manquants sur Pluton, que les scientifiques n’ont jamais été en mesure d’étudier autrement que par le biais d’images floues et lointaines.

Même si le chef de l’Agence spatiale d’Israël a précisé qu’il n’y a pas de technologie israélienne à bord du vaisseau, beaucoup des conclusions pourraient être révélées pour la première fois en Israël.

« Cet octobre, Israël organisera l’événement le plus important de l’industrie de l’exploration spatiale : le 66ème Congrès annuel de l’aéronautique internationale (IAC) », a indiqué Ben-Israel au Times of Israel.

« Ce sera le premier grand événement international sur l’espace qui se tiendra après les révélations de New Horizons, ce qui sera, bien sûr, parmi les sujets les plus importants à l’ordre du jour. Je suis sûr que certaines des nouvelles informations ou découvertes importantes sur Pluton seront présentées par des scientifiques de la conférence. Israël est à la bonne place au bon moment pour ce qui est susceptible d’être l’une des conférences sur l’espace dont on parlera le plus depuis des années ».

Déjà, Long Range Reconnaissance Imager (LORRI) avait renvoyé plusieurs photos intéressantes de la planète qui ont bouleversé les notions qui existaient sur ce que Pluton est.

En 2006, Pluton a été rétrogradé au statut de planète naine, en raison du manque de la masse nécessaire pour forcer les nombreux petits objets glacés de la ceinture de Kuiper en dehors de son chemin – une exigence de base pour qu’un corps céleste soit classé comme une planète, selon de nombreux scientifiques.

Mais la NASA devra peut-être réviser cette classification, affirme Ben-Israel. « Les premières photos montrent que Pluton est environ deux fois plus grande que nous l’avions pensé, ce qui a toutes sortes de conséquences pour ce qu’est Pluton ».

Isaac Ben-Israel (Crédit : Autorisation)

Isaac Ben-Israel (Crédit : Autorisation)

Par exemple, explique Ben-Israel, « il y a de grandes chances qu’elle ait une vraie atmosphère, comme les autres planètes ».

Les scientifiques n’étaient pas sûrs qu’elle en ait une du tout, spéculant que la petite taille de Pluton signifiait qu’il n’avait pas la gravité nécessaire pour en maintenir une sur place – ou que l’atmosphère, si elle existait, serait très mince.

« Avec sa grande masse, Pluton a probablement un niveau de gravité plus élevé qu’on ne le pensait, ce qui signifie que son atmosphère pourrait être plus épaisse que ce qu’on pensait précédemment ».

On ne sait pas ce que l’atmosphère peut contenir, mais Neptune, la planète voisins la plus proche de Pluton, a une atmosphère composée d’hydrogène et d’hélium, avec des traces de méthane gelé, de l’eau, de l’ammoniac et d’autres glaces.

Les photos envoyées cette semaine alors que le vaisseau s’approchait de Pluton, fourniront déjà quelques surprises. Inconnus des scientifiques avant, quatre taches sombres mystérieuses sont visibles sur la surface de la planète. Qu’est-ce qu’ils pourraient être, les scientifiques ne peuvent que le deviner, bien que les conjectures, si elles sont faites mercredi lorsque les premières photos commenceront à venir, seront susceptibles d’être des hypothèses pendant que l’engin prend des photos au moment de son passage le plus proche de Pluton, à moins de 13 000 kilomètres de sa surface.

Jusqu’à présent, l’hypothèse principale est de dire que ces trous pourraient être des cratères ou quelque autre caractéristique physique – ou peut-être un liquide, probablement gelé. « Les photos que nous avons vu jusqu’à présent semblent indiquer qu’il existe une variété de matériaux sur la surface », a déclaré Ben-Israël.

« Les scientifiques avaient déjà spéculé qu’il n’y avait que de la glace là-bas ».

Un des aspects les plus impressionnants de la mission, a expliqué Ben-Israel, est sa longévité – et comment elle utilise ce qui est essentiellement de la technologie « ancienne » pour remplir sa mission.

« Le vaisseau a été lancé il y a neuf ans et demi, mais la technologie en photographie qu’il utilise est [vieille] de 15 ans. Qu’il puisse prendre des photos qui nous permettront de voir les images proches », avec une résolution de 15 mètres pour ses meilleures photos, « de si loin est une réalisation technologique importante », a déclaré Ben-Israël.

Si un nouveau vaisseau New Horizons devait être lancé aujourd’hui, il arriverait probablement à Pluton encore plus rapidement et prendrait des photos de meilleure qualité – mais la NASA a informé qu’il était peu probable qu’elle envoie une autre mission à Pluton de si tôt.

En raison des distances, New Horizons enverra ses données aves des filets numériques de bits et d’octets, et la NASA les rassemblera en des photos appropriées. Beaucoup de photos ne seront disponibles que dans quelques mois – juste à temps pour le Congrès international aéronautique prévu en octobre.

L’IAC est parrainé par trois des plus grands groupes de défense de l’exploration spatiale au monde – la Fédération internationale d’astronautique, l’Académie internationale d’astronautique et l’Institut international de droit spatial – et aborde le sujet des sciences et de l’exploration, de la communication de l’espace et de la navigation, du transport spatial, du droit de l’espace, et plus encore. Il est considéré comme la plus importante conférence de l’année.

Cela est particulièrement vrai cette année, étant donné que les photos de Pluton rendent le congrès de cette année le plus attendu depuis des années. Toute personne qui est connue dans l’industrie de l’exploration spatiale sera là, a affirmé Ben-Israel – et tout le monde impliqué dans l’industrie, y compris les collègues de l’Iran, qui possède un satellite dans l’espace, sont cordialement invités.

« Nous avons dit aux sponsors que nous serions heureux de fournir des visas pour les délégués iraniens s’ils en faisaient la demande, en conformité avec les règles qui nécessitent que les invitations soient envoyées à tous les pays », a déclaré Ben-Israël.

« S’ils seront là ou non, je ne peux pas le dire, mais comme les scientifiques du monde entier, je suis sûr qu’ils sont aussi curieux de connaître les nouvelles informations autant que quiconque », a-t-il conclu.