La France va organiser une conférence internationale sur la paix portant sur le conflit israélo-palestinien le mois prochain, ont indiqué des responsables français durant le week-end, venant contredire plusieurs rapports affirmant que Paris avait décidé de mettre en sommeil le sommet programmé.

Selon certaines informations, le président français François Hollande avait expliqué qu’il devait faire face à des difficultés pour convoquer ce sommet en raison d’une lourde opposition internationale, en particulier de la part d’Israël mais aussi des Etats-Unis.

Des diplomates français, pendant le week-end, ont fait savoir que ces comptes rendus étaient “erronés”.

Hollande n’a jamais dit que ces pourparlers étaient supprimés mais qu’ils étaient soumis à des « incertitudes » appelées à être clarifiées après les élections américaines, ont-ils déclaré.

« Comme le président Hollande l’a réaffirmé dans son discours prononcé à l’Assemblée Générale des Nations unies, le 20 septembre, notre objectif est de rassembler une conférence internationale afin d’aider à relancer le processus de paix au Moyen-Orient », a expliqué un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères jeudi.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires ainsi qu’avec les parties impliquées à cette fin”.

L’envoyé spécial de Paris pour la conférence prévue, Pierre Vimont, est récemment revenu des Etats-Unis, quelques jours après s’être rendu à Jérusalem et Ramallah pour y mener des entretiens avec des hauts-responsables.

“Il continuera sa mission durant ses visites à venir dans les pays qui sont nos principaux partenaires”, a établi le communiqué.

Les propos d’un officiel français repris ce weekend semblent indiquer que le département d’Etat américain a fait savoir à Vimont, alors qu’il se trouvait à Washington la semaine dernière, que les Etats-Unis n’étaient “pas enthousiasmés par l’idée du sommet ».

« Le pays estime que rien ne pourra en sortir en raison de la nature même de la conférence et du refus d’Israël d’y participer », selon le site Internet Ynet.

L’initiative française n’est pas la seule à avoir pour objectif de revitaliser le processus de paix moribond. La Russie et l’Egypte ont tous deux fait part de leur intérêt à l’idée d’accueillir de telles initiatives.

Israël a critiqué le plan d’une conférence internationale à Paris depuis le début de son évocation. Au début du mois, deux des plus grands aides du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont rencontré Vimont et lui ont dit qu’Israël ne participerait pas à l’événement organisé.

Le négociateur palestinien Saeb Erakat (deuxième à droite) salue l'envoyé spécial français pour le processus de paix Pierre Vimont (deuxième à gauche) à son arrivée pour une réunion avec le président de l'AP Mahmoud Abbas à Ramallah le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Le négociateur palestinien Saeb Erakat (deuxième à droite) salue l’envoyé spécial français pour le processus de paix Pierre Vimont (deuxième à gauche) à son arrivée pour une réunion avec le président de l’AP Mahmoud Abbas à Ramallah le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Le Conseiller à la sécurité Nationale en place Yakov Nagel et le confident de Netanyahu Yitzhak Molcho ont ainsi déclaré au diplomate français d’une “manière sans ambiguïté et sans équivoque” qu’un progrès réel et un accord de paix durable ne pourraient émerger qu’à travers des négociations bilatérales directes entre Israël et l’Autorité Palestinienne, a indiqué le Bureau du Premier ministre dans un communiqué.

« Toute autre initiative ne fait qu’éloigner la région d’un tel processus », a continué le communiqué. « Il a été expliqué à l’envoyé français qu’Israël ne participera pas à une conférence internationale déterminée en opposition à sa position ».

L’initiative française “nuit gravement aux possibilités susceptibles de faire avancer le processus de paix”, a poursuivi le communiqué, arguant du fait qu’elle permettrait à Abbas d’éviter de revenir aux négociations bilatérales directes sans conditions préalables.

« Israël est certain et s’attend que la France ne prônera pas une conférence ou un processus venant contredire la position officielle de l’Etat d’Israël », a conclu le communiqué.

S’adressant devant l’auditoire d’une conférence organisée à Tel Aviv au début du mois, Vimont a indiqué que, tout en comprenant l’opposition d’Israël à l’initiative de la France, la présence de Netanyahu au sommet enverrait toutefois souhaitable et permettrait d’envoyer un signal positif.

“Et si en fin de compte, le gouvernement israélien devait décider de participer à la conférence de Paris, cela montrerai un engagement complet et sincère envers la solution à deux états”, a-t-il déclaré lors de cette allocution à Tel Aviv, selon Haaretz.

Les Français sont conscients qu’il est actuellement impossible de faire négocier sérieusement les Israéliens et les Palestiniens, sans même parler d’un accord de paix, ont déclaré les officiels de Paris.

La conférence internationale qui est proposée n’a pas pour objectif de forcer l’une ou l’autre des parties à faire des concessions, ou même à établir un cadre qui déterminerait éventuellement un accord futur.

L’un de ses objectifs est plutôt de faire en sorte que les deux parties – ainsi que les acteurs régionaux et internationaux – puissant ré-établir clairement leur engagement envers une solution à deux états.

« Nous ne sommes d’aucune manière en train de tenter d’imposer une solution aux deux partis. Il s‘agit de ré-impliquer la communauté internationale dans le processus de paix », avait indiqué Vimont à Tel Aviv.