Les pourparlers pour la formation de la coalition ont pris un mauvais départ cette semaine, puisque les partenaires potentiels du Premier ministre Benjamin Netanyahu réclament tous une influence disproportionnée.

Un de ces partis est HaBayit HaYehudi, dont le chef de file, Naftali Bennett, pestait mercredi contre Netanyahu, accusant ce dernier de le traiter ses électeurs et lui-même comme des « pigeons » en refusant d’accepter son exigence d’être nommé ministre des Affaires étrangères ou de la Défense.

Le parti faucon HaBayit HaYehudi est considéré comme un proche allié du Likud de Netanyahu, mais sa piètre performance aux élections – huit sièges à la Knesset, contre 12 précédemment – le place en mauvaise position pour les négociations .

« Le Premier ministre s’appuie sur l’hypothèse que notre public est composé de pigeons », a-t-il dit mercredi lors d’une rencontre des militants de son parti enregistrée par la radio israélienne.

Selon des fuites, Netanyahu aurait offert à Bennett le poste de ministre de l’Education, qui est perçu comme une rétrogradation par rapport à son portefeuille actuel, celui de l’Economie.

« Quoi ! Est-il écrit au cadastre que [le chef du parti Shas] Aryeh Deri obtiendra le ministère de l’Intérieur ? Est-il écrit au cadastre que Shas doive nous piétiner pour les Affaires religieuses ? « , a demandé Bennett. Le parti ultra-orthodoxe Shas, qui a remporté sept sièges aux élections, pourrait recevoir les deux ministères de l’Intérieur et des Affaires religieuses.

« Tout est inscrit dans le marbre, sauf HaBayit HaYehudi, parce que nous avons des valeurs, » a-t-il affirmé, faisant allusion aux analyses que son parti aurait perdu plusieurs sièges en faveur du Likud le jour du scrutin, les électeurs s’étant finalement ralliés au parti de Netanyahu pour le consolider face à la menace perçue qu’un gouvernement de gauche puisse arriver au pouvoir.

Compte tenu de la nature instable du système électoral en Israël, Netanyahu doit concocter une coalition en offrant des portefeuilles ministériels, y compris, éventuellement, de premier plan, à des formations dont il a besoin pour former une majorité à la Knesset. Les députés au sein de son propre parti ont également exigé des bons postes, étant donné que le Likud a obtenu 30 sièges, ce qui en fait de loin le plus grand groupe parlementaire.

Le jeu consistant à contenter tout le monde peut s’avérer difficile pour Netanyahu en raison d’une part des oppositions d’intérêts et d’idéologies entre les partis et d’autre part de leurs demandes excessives pour des portefeuilles ministériels.

Lors de l’événement interne de son parti, mercredi, Bennett a affirmé que lors de deux réunions à huis clos avec le Premier ministre, il n’avait reçu aucune offre substantielle. Il a laissé entendre qu’il conditionnerait son entrée dans la coalition à un portefeuille important, comme celui de la Défense ou des Affaires étrangères, alors que ce dernier ministère pourrait rester entre les mains du ministre actuel, le leader du parti Yisrael Beitenu, Avigdor Liberman.

« Ils nous disent que si nous insistons pour obtenir un poste de premier plan, cela conduira à un gouvernement d’union nationale – et ils vont essayer de nous blâmer pour cela. C’est un mensonge absolu. Si Netanyahu veut un gouvernement d’union nationale, alors il y aura un gouvernement d’union nationale », a lancé Bennett, faisant allusion à un hypothétique rapprochement entre le Likud et le parti de gauche Union sioniste.

Pendant ce temps, Moshe Kahlon, le leader du parti Koulanou qui a remporté 10 sièges, a également fait monter les enchères, en exigeant de Netanyahu les portefeuilles du Logement et de l’Environnement, en plus de celui des Finances déjà promis.

« Koulanou continuera à insister pour obtenir les outils nécessaires pour mettre en œuvre des réformes pour lutter contre le coût de la vie et les problèmes de logement », a déclaré mercredi un responsable du parti.

Un haut responsable du Likud a averti Kahlon que s’il continuait à se montrer inflexible pendant les négociations, Netanyahu reléguerait les pourparlers avec Koulanou au second plan et se concentrerait sur Yisrael Beytenu et les partis ultra-orthodoxes.

« Nous voulions que le parti Koulanou soit la première formation avec qui nous signerions », a confié mercredi à Haaretz le responsable du Likud.

« Il est naturel que Moshe Kahlon, qui doit être ministre des Finances, soit impliqué dans nos négociations [sur la politique] économique avec les autres parties. Mais l’équipe de négociation de Koulanou ne semble pas comprendre cela et ne montre aucune flexibilité dans ses exigences », a-t-il dit.

Netanyahu a jusqu’au 7 mai pour présenter sa coalition au président Reuven Rivlin, avec une possibilité de prolongation de deux semaines.