Les prêtres palestiniens du Patriarcat latin (catholique romain) de Jérusalem ont demandé jeudi au pape François d’intercéder auprès d’Israël pour obtenir leur liberté de circulation, en particulier pour se rendre à Jérusalem.

« Selon l’Etat d’Israël, puissance occupante et illégitime au regard du droit international, nous n’avons pas le droit de nous rendre à Jérusalem sans un permis délivré par l’autorité militaire israélienne », écrivent ces vingt prêtres dans une lettre à François, attendu dimanche à Bethléem, en affirmant qu’il est « de plus en plus improbable » de recevoir cette autorisation.

« Tout cela handicape presque totalement notre mission pastorale », déplorent-ils.

La délégation apostolique du Vatican à Jérusalem a accepté de fournir à ces prêtres un « laissez-passer » mais sans visa, Israël refusant de l’apposer sur le document du Saint-Siège, selon eux.

Ce visa, souligne la missive, est indispensable pour circuler librement entre les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël.

« Si les contraintes se maintiennent, et elles s’amplifient actuellement, la vie de l’Eglise de Jérusalem sera davantage encore menacée, alors qu’elle est déjà plus que précaire », s’inquiètent les ecclésiastiques.

« Jérusalem est de plus en plus fermée aux chrétiens de Cisjordanie dont c’est depuis des siècles la capitale spirituelle et culturelle, eux qui pour la majorité habitent à quelques kilomètres de la Ville sainte », ajoutent-ils.

Pour les signataires de la lettre, le voyage du pape François constitue « un presque dernier espoir ».

« Le Vatican peut-il rester plus longtemps silencieux ? Le Saint-Père pourra-t-il séjourner quelques heures en Terre sainte en ne disant pas un mot sur cette réalité tellement emblématique de l’injustice faite à un peuple, prisonnier sur sa propre terre? », s’interrogent-t-il.

Le patriarcat de Jérusalem administre 17 paroisses pour 17 800 catholiques de rite latin en Cisjordanie.

Les catholiques représentent près de la moitié des chrétiens dans les Territoires palestiniens. La majorité
(22 500) est d’obédience grecque-orthodoxe.