« Les quatre sœurs » de Lanzmann projeté le 28 janvier à Paris
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« Les quatre sœurs » de Lanzmann projeté le 28 janvier à Paris

Le cinéaste explique que le témoignage de ces quatre femmes recueilli lors du tournage de 'Shoah' n'a pas été inclus car chacune méritait un film en soi

Claude Lanzmann. (Crédit : Flash90)
Claude Lanzmann. (Crédit : Flash90)

Les quatre histoires de ces quatre sœurs, qui seront projetées le 28 janvier 2018 au Mémorial de la Shoah en présence de Claude Lanzmann, sont terribles et difficilement soutenable car elles racontent comment Auschwitz a renvoyé chaque individu à l’état animal.

Face caméra, des femmes en témoignent et cet aveu les rendent sous la caméra de Lanzmann d’autant plus admirables.

Ruth Elias, l’une d’elles raconte : « Quand on est dans la misère, on agit comme un animal, on suit l’instinct. Quand j’entends des gens dire que, dans les camps, ils se sont comportés comme ceci ou comme cela, qu’ils voulaient vivre afin de pouvoir raconter ensuite ce qui avait eu lieu, je suis désolée mais je n’y crois pas. J’ai vu l’instinct animal. Tous les masques tombaient, nous étions dans l’impuissance, nus, nous devions montrer notre visage véritable. Un des instincts en moi était la nourriture. Survivre, ce n’est possible que si on mange. Il n’y avait que cela qui comptait ».

Ruth Elias, explique Lanzmann, comme « les trois autres héroïnes de ce film, que j’ai tourné il y a plus de trente ans à la même époque que Le Dernier des injustes, n’ont pu alors – et pour les mêmes raisons – trouver leur place dans ‘Shoah’. Chacune méritait un film en soi et tailler à la serpe dans un seul de ces quatre épisodes, tous également bouleversants, m’aurait révolté par la défiguration qui eut été imposée à des protagonistes d’une trempe exceptionnelle ».

Chacune a eu un destin tragique : « Qu’il s’agisse de Paula Biren, brillante intelligence au charme extrême, nommée par Rumkowski membre de la police féminine juive du ghetto de Lodz, » détaille Lanzmann.

Ou encore « d’Ada Lichtman, témoin à Cracovie du meurtre atroce et sans restes de toute sa famille dès la première semaine de la guerre avant de devenir une esclave véritable au camp d’extermination de Sobibor et de jouer pour finir un rôle décisif dans la révolte. D’Hanna Marton enfin, rongée par l’inguérissable remords d’avoir fait partie de l’Arche de Noé qui, fruit d’un accord conclu avec Eichmann, permit à 1 600 Juifs hongrois d’embarquer pour Bergen-Belsen et la Suisse tandis qu’au même moment plusieurs centaines de milliers de leurs compatriotes étaient sauvagement gazés en masse à Auschwitz. »

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