Les rabbins, à Vienne, ont dénoncé la rencontre organisée entre le Grand Rabbin de Russie et le chef du parti de la Liberté de l’extrême droite autrichienne.

Le Grand Rabbin russe Berel Lazar a rencontré cette semaine Heinz-Christian Strache et sa délégation à son bureau de Moscou, a rapporté le journal anglais en ligne Jewish News.

Cette réunion survient quinze jours après que le candidat du parti de la Liberté à la présidence autrichienne se soit incliné par une marge étroite face à son adversaire lors du scrutin présidentiel qui a eu lieu dans le pays.

Un porte-parole de la Fédération des Communautés juives de Russie, qui est dirigée par Lazar, a confié à Jewish News que cette rencontre n’était pas un signe d’approbation lancé envers les positionnements de Strache mais relevait d’un « devoir ».

Le candidat du Parti de la Liberté , Heinz-Christian Strache, lors des élections nationales dans un bureau de vote de Vienne, en Autriche, le dimanche 39 septembre 2013 (Crédit : AFP)

Le candidat du Parti de la Liberté , Heinz-Christian Strache, lors des élections nationales dans un bureau de vote de Vienne, en Autriche, le dimanche 39 septembre 2013 (Crédit : AFP)

« Le Rabbin Lazar est prêt à rencontrer tout le monde et à dialoguer avec tout le monde. Il a rencontré durant sa carrière des nationalistes russes et a constaté de bons résultats suite à ces échanges. Nous pensons que le débat est nettement préférable aux pogroms », a indiqué le porte-parole à Jewish News.

Le Rabbin Schlomo Hofmeister, à Vienne, a qualifié la réunion de “sidérante, bizarre, inquiétante”. Il a souligné que rencontrer les membres du parti de la Liberté signifie “qu’ils sont casher”.

Il a ajouté : « La simple question, c’est pourquoi et pourquoi faire ? Si l’intention est de gagner une sorte de reconnaissance ou de favoritisme politique de la part des fascistes, alors c’est tout simplement dégoûtant ».

Arie Folger, Grand Rabbin de Vienne, a déclaré qu’il est possible que Strache soit plus ouvert aux Juifs mais que son parti “continue à récolter des gens qui ne nous aiment vraiment pas, ainsi que des gens qui, tout en nous appréciant peut-être, nous considèrent toutefois comme des dégâts collatéraux dans leur opposition aux Musulmans” sur des questions telles que l’abattage rituel.