Alors que l’Arabie saoudite mène des frappes aériennes au Yémen contre les forces Houthis, un responsable du groupe rebelle chiite a averti qu’ils allaient se venger du « régime saoudien sioniste », indique le site d’informations israélien Ynet.

L’Arabie saoudite a lancé une opération, tôt dans la journée de jeudi, pour sauver le gouvernement du président assiégé Abedrabbo Mansour Hadi alors que le pays est au bord de la guerre civile après que les séparatistes soutenus par l’Iran ont envahi le bastion d’Aden dans le sud du pays.

Le responsable Houthi a promis qu’il n’y aurait pas de pèlerinage à la ville sainte de la Mecque en Arabie Saoudite cette année.

Un autre responsable Houthi, membre du conseil politique Houthi, a déclaré au micro de la chaîne Al-Jazeera : « nous allons être une menace dans vos propres maisons. »

La rhétorique antisioniste et anti-juive est monnaie courante au sein du groupe des Houthis. On entend régulièrement des slogans « Mort à Israël » et l’on voit des malédictions contre Israël sur leurs drapeaux et autres matériels de propagande.

La semaine dernière, la vidéo de l’explosion d’une mosquée Houthi au Yémen a révélé que la foule scandait : « Mort à l’Amérique. Mort à Israël. Maudit soient les Juifs. Victoire à l’islam. Allahu Akbar », avant qu’un kamikaze ne se fasse exploser, tuant une centaine de personnes.

Les Etats-Unis collaborent étroitement avec l’Arabie saoudite et ses alliés régionaux dans l’action militaire contre les rebelles Houthi au Yémen, y compris en fournissant des renseignements et du soutien logistique, a déclaré la Maison Blanche mercredi.

« Le président Obama a autorisé la fourniture de soutien logistique et de renseignement aux opérations militaires dirigées par le GCC », a indiqué la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Bernadette Meehan, dans un communiqué, en se référant au Conseil de coopération du Golfe.

Condamnant les rebelles Houthis, une milice chiite qui a lancé un coup d’Etat dans la capitale yéménite Sanaa en février, Meehan a déclaré que Washington était également en contact étroit avec le président retranché Hadi.

Les forces américaines ne prendront pas part à une action militaire directe au Yémen, a-t-elle souligné, mais « établissent une cellule de planification conjointe avec l’Arabie saoudite pour coordonner le soutien militaire et des renseignements américains ».

« Nous exhortons les Houthis à cesser immédiatement leurs actions militaires déstabilisantes et à revenir à des négociations dans le cadre d’un dialogue politique », a ajouté Meehan.

« La communauté internationale a clairement déclaré par le biais du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres instances que la prise de contrôle violente du Yémen par une faction armée est inacceptable et qu’une transition politique légitime – longtemps recherché par le peuple yéménite – ne peut être accompli que par des négociations politiques et un accord de consensus entre toutes les parties en présence. »

Deux sénateurs républicains de haut rang, John McCain de l’Arizona et Lindsey Graham de Caroline du Sud, ont approuvé les attaques. Mais ils ont aussi profité de l’occasion pour critiquer ce qu’ils ont appelé un manque de leadership américain dans la région.

« Nous comprenons pourquoi nos partenaires saoudien et arabes se sont sentis obligés de prendre des mesures. La perspective que des groupes radicaux comme Al-Qaïda, ainsi que des activistes soutenus par l’Iran, puissent trouver refuge à la frontière de l’Arabie saoudite a dépassé ce que nos partenaires arabes pouvaient supporter », ont affirmé les sénateurs dans une déclaration commune.

« Leur action découle également de leur perception du désengagement de l’Amérique dans la région et l’absence de leadership américain », concluent-ils.