Les progrès de l’Etat islamique en Irak ont obligé des dizaines de réfugiés palestiniens à quitter encore une fois leur lieu de résidence temporaire et de rechercher un nouvel endroit sûr qu’ils pourront considérer comme étant leur demeure, au moins pour un certain temps.

Le camp de réfugié Baharka, qui se situe dans le Kurdistan irakien, abrite actuellement 1 120 familles déplacées dont 85 Palestiniens issus de 18 familles différentes, a annoncé Al-Jazeera jeudi.

Les réfugiés palestiniens de ce camp ont été déplacés plusieurs fois dans le passé, à deux reprises rien que l’année dernière pour certains d’entre eux, en raison de la lutte qui fait rage entre les forces de la coalition et l’Etat islamique.

« J’ai vécu la plus grande partie de ma vie dans des camps, depuis que je suis née à aujourd’hui – tous mes enfants sont nés dans des camps », confie Hudda Awad, 49 ans, qui est né dans le camp de réfugié de Tulkarem en Cisjordanie, à AL-Jazeera.

Le reportage d’Al-Jazeera ne précise pas dans quelles circonstances Awad a quitté Tulkarem et comment elle est arrivée en Irak.

« Nous [les Palestiniens] sommes des réfugiés professionnels ici », poursuit-elle.

« Nous enseignons [aux irakiens] ici comment créer des chambres, un espace cuisine dans les tentes, même un salon, nous leur expliquons comment rendre leurs tentes résistantes aux aléas de la météo, comment la protéger de la pluie. Je suis une professionnelle, j’ai vécu toute ma vie comme une réfugiée professionnelle ».

Nazmi Hazouri, le Consul général pour la Palestine en Kurdistan irakien, a indiqué que les déplacements des Palestiniens d’un endroit à un autre à l’intérieur du territoire irakien n’est plus un événement rare.

« Ils doivent toujours se déplacer en fonction de la situation, et maintenant [à cause de l’Etat islamique] nous avons une situation complètement nouvelle pour eux », poursuit Hazouri.

Ahmad Mohammed Adiyab, un autre réfugié dont la famille est passée par le Liban et le Koweit avant d’arriver en Irak, explique que les Palestiniens de la région doivent tisser des liens étroits pour atténuer la tourmente dans laquelle ils vivent.

« Le sentiment de toutes les personnes palestiniennes ici est que nous sommes une famille, nous prenons soin des uns des autres, et nous veillons les uns sur les autres », a-t-il déclaré au micro d’ Al-Jazeera.

« Nous sommes en dehors de notre pays. Nous avons besoin des uns des autres ».