WASHINGTON – La direction républicaine américaine a rejeté mercredi le discours du secrétaire d’Etat des Etats-Unis John Kerry sur le conflit israélo-palestinien, et a promis un changement de politique après la prise de pouvoir du président élu Donald Trump le mois prochain.

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a décrié l’autorité de Kerry, affirmant sur Twitter que, « après avoir permis le vote d’une résolution anti-Israël aux Etats-Unis, le secrétaire [d’Etat] Kerry n’a pas de crédibilité pour parler de paix israélo-palestinienne. »

Ryan faisait référence au vote de vendredi du Conseil de sécurité d’une résolution qui fustige les implantations israéliennes et à laquelle les Etats-Unis se sont abstenus.

Kerry s’est exprimé pendant plus d’une heure mercredi, revisitant les critiques cinglantes de la politique d’implantation israélienne qu’il avait prononcées ce mois-ci devant le Forum Saban de l’Institut Brookings.

Le discours de Kerry mercredi comprenait aussi des critiques des incitations à la violence et à la haine et du terrorisme palestiniens, et une défense de l’abstention de l’administration au Conseil de sécurité, avant de présenter six principes pour un futur accord de paix entre les deux parties.

Marco Rubio, sénateur républicain de Floride, a déclaré que Kerry avait « décidé de répondre aux demandes des ennemis de la liberté et de dévouer un discours entier à fustiger un pays qui est l’un de nos plus proches alliés. »

« J’attends avec impatience de travailler avec le président américain élu Donald Trump et son équipe pour remettra à la place qu’elle mérite notre relation avec Israël », a déclaré Rubio dans un communiqué.

Matt Brooks, le directeur exécutif de la coalition juive républicaine, a accusé l’administration de « prendre la communauté juive pour des idiots ».

Matt Brooks, directeur de la Coalition juive républicaine. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Matt Brooks, directeur de la Coalition juive républicaine. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« En affirmant que ce discours est une ligne de conduite pour la paix au Moyen Orient, le président [Barack] Obama et John Kerry prennent la communauté juive pour des idiots », a déclaré Brooks après le discours.

« Leurs récentes actions aux Nations unies n’ont rien fait de plus que de permettre au président Obama de prendre sa revanche sur Israël et le Premier ministre [Benjamin] Netanyahu, tout en créant de nouveaux obstacles à la paix. La paix réelle de la région ne pourra pas être accomplie en isolant Israël de la communauté internationale, mais uniquement par des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. »

Brooks a déclaré que son organisation faisait confiance au « président Trump et au Congrès républicain [pour] travailler rapidement pour revenir sur ces déclarations et ces actes, et rétablir les fortes relations entre les Etats-Unis et Israël. »

John Kerry au secrétariat d'État, le 28 décembre 2016 (Crédit : capture d'écran YouTube)

John Kerry au secrétariat d’État, le 28 décembre 2016 (Crédit : capture d’écran YouTube)

Trump lui-même avait décrié le discours de Kerry avant même que le secrétaire d’Etat ne prenne la parole au département d’Etat, dans une série de tweets, et avait répété sa promesse de changement politique une fois qu’il serait au pouvoir.

« Nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël être traité avec un tel mépris et un tel manque de respect. [Israël] était un grand ami des Etats-Unis, mais ce n’est plus le cas. Le début de la fin a été l’horrible accord iranien, et maintenant ceci (ONU) ! », a déclaré le président élu.

Les dirigeants démocrates du Congrès, dont le futur chef de l’opposition au Sénat, Chuck Schumer, qui s’est fortement opposé à l’abstention américaine au Conseil de sécurité, n’avait pas réagi dans l’immédiat au discours de Kerry.