Les résidents de l’avant-poste d’Amona en Cisjordanie ont annoncé vendredi que le gouvernement n’a pas mis en œuvre un accord de compromis signé il y a 20 jours, négocié tandis que la date limite fixée par le tribunal pour démanteler la communauté approchait.

Le 18 décembre 2016, les résidents d’Amona ont conclu un accord avec le gouvernement en vertu duquel 24 des 41 familles de l’avant-poste seraient déplacées vers un terrain adjacent sur la même colline tandis que le reste déménagerait à l’implantation d’Ofra. Le gouvernement devait également trouver des solutions permanentes de logement sur la parcelle adjacente.

Quelques jours plus tard, la Cour suprême a prolongé le délai pour la démolition de l’avant poste qui était prévue au plus tard le 25 décembre jusqu’au 8 février 2017, en prévenant qu’il s’agissait de la « dernière et l’ultime prorogation », et que l’État devra exécuter les ordonnances du tribunal avant cette date – « qu’un arrangement [avec les résidents d’Amona pour les installer à un autre endroit] ait été conclu ou non ».

Avant d’approuver la prolongation des délais, le tribunal a demandé et reçu un accord signé par les résidents qui se sont engagés à quitter le site de manière pacifique en février. Dans cette déclaration, ils précisent qu’ils « sont d’accord et qu’ils s’engagent à l’unanimité à une expulsion pacifique sans conflit ni résistance ».

Dans une lettre envoyée vendredi matin au Premier ministre Benjamin Netanyahu, les résidents ont affirmé que le gouvernement n’avait pas encore commencé à travailler sur un nouveau site pour eux, avait renoncé à leur permettre l’utilisation d’un terrain, et a agi de façon inappropriée en nommant un gestionnaire du projet. Ils se sont également demandés si Netanyahu n’avait jamais eu l’intention de tenir ses promesses.

Un petit avant-poste composé de quelque 41 familles sur une colline à côté de l’implantation d’Ofra, au nord-est de Ramallah, Amona a été construite dans les années 1990 sur ce que la cour a déclaré à plusieurs reprises être des terres privées palestiniennes.

Une bataille juridique de 15 ans a abouti à une décision de la Haute Cour en décembre 2014 selon laquelle l’avant-poste serait évacué et démoli. À l’époque, le tribunal a donné à l’État et aux résidents 24 mois pour préparer d’autres logements.

Les Israéliens des implantations juives en Cisjordanie d'Ofra et Amona manifestent pour demander l'approbation d'une loi légalisant les avant-postes en Cisjordanie, aux abords du bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 novembre  2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les Israéliens des implantations juives en Cisjordanie d’Ofra et Amona manifestent pour demander l’approbation d’une loi légalisant les avant-postes en Cisjordanie, aux abords du bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« L’accord doit être honoré », ont-ils écrit. « Nous vous mettons en garde – 32 jours avant la date fixée par la Haute Cour – de vous en tenir à votre responsabilité ».

Selon la lettre, les résidents ont été informés que les travaux ne commenceront pas avant le 18 janvier, seulement 20 jours avant qu’ils doivent quitter leurs maisons selon une ordonnance du tribunal.

Des Juifs priant tôt le matin sur la colline surplombant Ofra dans l'avant-poste juif d'Amona en Cisjordanie, le 18 décembre 2016 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Des Juifs priant tôt le matin sur la colline surplombant Ofra dans l’avant-poste juif d’Amona en Cisjordanie, le 18 décembre 2016 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Les résidents ont également été informés jeudi soir par le responsable du bureau du Premier ministre Yoav Horowitz que l’opinion dominante est que le terrain adjacent ne sera pas utilisé du tout, car le propriétaire palestinien contestait son utilisation. Les résidents ont décrit ce terrain comme étant la pierre angulaire de l’entente.

La lettre prétend également que le gouvernement a violé les termes de l’entente en nommant un gestionnaire de projet pour superviser l’évacuation sans consulter les résidents, et se demande si le gouvernement n’a jamais eu l’intention de s’en tenir à l’accord.

Les résidents ont menacé de ne pas permettre au gouvernement de les arracher de leurs maisons et de les laisser dans les rues tout en ignorant leurs obligations envers l’accord. Ils ont également affirmé que la population n’accepterait pas un gouvernement nationaliste de droite qui permettrait la démolition d’une implantation entière.

Une famille dans les rues de l'avant-poste juif d'Amona, en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une famille dans les rues de l’avant-poste juif d’Amona, en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans sa décision rendue à la fin du mois de décembre, les juges ont noté les efforts de l’Etat, qui sont arrivés « avec beaucoup de retard » pour parvenir à une résolution du problème et pour « assurer l’évacuation pacifique, sans violence ni résistance le jour de la démolition ».

Les autorités espéraient que l’accord de compromis pourrait empêcher une répétition de la violence qui a suivi la destruction de plusieurs bâtiments permanents dans l’avant-poste en 2006, quand la cour avait jugé que les bâtiments avaient été construits sur des terres privées palestiniennes.