Des dizaines d’habitants du Sud ont manifesté devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem vendredi et samedi, exhortant le gouvernement à mettre en œuvre un plan immédiat à long terme pour contrecarrer les attaques de roquettes des organisations terroristes de la bande de Gaza. Au cours du week-end, plusieurs manifestants ont campé dans une tente de protestation devant la résidence.

Samedi soir, Michal Koren, directeur du comité de l’organisation le Mouvement pour l’avenir de l’ouest du Néguev, a déclaré que les résidents exigeaient du gouvernement de prendre une décision, « d’une manière ou d’une autre », pour endiguer les tirs de roquettes. À l’heure actuelle, le gouvernement semble aller et venir entre « le calme en échange du calme » et une offensive militaire élargie.

Les manifestants, rejoints par des habitants de Jérusalem dans un élan de solidarité, ont déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une manifestation de gauche ou de droite, mais simplement d’un appel au gouvernement à prendre des décisions et des mesures claires.

« Nous exigeons que le Premier ministre nous explique comment il entend résoudre le problème sécuritaire dont nous souffrons depuis ces 14 dernières années », a déclaré un résident de la région d’Eshkol aux journalistes de Walla.

« Nous espérons, contrairement à aujourd’hui, voir une stratégie et une vision. »

D’autres résidents du Sud, cependant, critiquent les protestations, affirmant qu’il n’y a pas lieu de faire des revendications au gouvernement alors que l’armée israélienne est engagée dans une offensive à la frontière de Gaza.

« Le moment est venu de renforcer le gouvernement et l’armée israélienne, qui travaillent jour et nuit pour protéger les citoyens israéliens », a déclaré le maire du Conseil régional de Merhavim, Haim Hajaj, selon Walla.

« Tout au long de l’opération, l’establishment politique est resté discret et responsable et l’armée israélienne a affiché un palmarès impressionnant, [comme] détruire les tunnels [terroristes] et les porte-missiles, et asséner un coup fatal au Hamas », a-t-il ajouté.

Tandis que de plus en plus de familles des communautés du Sud et des villes proches de la frontière avec Gaza choisissent de quitter la zone par crainte d’attaques de roquettes, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré samedi que l’armée israélienne fournira une assistance aux civils pour faciliter leur déplacement vers le Nord.

S’exprimant lors d’une visite dans les villes du Sud, Yaalon a déclaré que si les autorités n’enjoignaient pas spécifiquement aux résidents à proximité de l’enclave palestinienne d’évacuer leurs maisons, la décision de quitter la zone serait soutenue par le gouvernement.

Yaalon a ajouté que l’opération de Tsahal en cours dans la bande de Gaza visait, pour l’heure, à contraindre le Hamas à accepter un cessez-le feu sous les conditions israéliennes.

« Le but des décideurs [israéliens] est que le Hamas rejoigne la table des négociations au Caire dans les conditions décidées par Israël, et de parvenir à un accord de cessez-le-feu comme exigé par Jérusalem », a-t-il affirmé.

Yaalon devait se rendre au kibboutz Nahal Oz, où le garçon de quatre ans, Daniel Tragerman, a été tué vendredi par un obus de mortier, mais la visite a été annulée en raison des salves de roquettes tout au long de la journée de samedi, ce qui a irrité les résidents.

Les résidents Nahal Oz, interrogés par la Dixième chaîne, ont exprimé leur frustration devant cette annulation, demandant pourquoi le gouvernement et l’armée leur ont dit qu’ils pouvaient retourner en sécurité dans leurs foyers au début du mois, alors que la zone est beaucoup trop dangereuse, même pour le ministre de la Défense.

Plus tôt samedi, les quelques familles restées au kibboutz, à seulement deux kilomètres de la frontière de Gaza, ont plié bagage et sont parties.

Sur les quelque 360 membres de Nahal Oz, seulement 90 personnes environ, presque tous des employés du kibboutz, sont restées samedi après-midi, selon Ynet. Dans la ville voisine du kibboutz Ein Hashlosha, les familles avec de jeunes enfants et des personnes âgées ont quitté la région. Des départs ont été enregistrés dans d’autres kibboutzim et moshavim aux alentours.

L’armée a révélé samedi que le chef de l’état-major Benny Gantz était en visite au kibboutz Nahal Oz vendredi après-midi, lorsque le tir de mortier tiré depuis Gaza a frappé le kibboutz et tué le petit Tragerman.

Dans un briefing aux journalistes le 6 août, Gantz avait exhorté les habitants des villes et des kibboutzim frontaliers de Gaza à rentrer chez eux. « Je suis convaincu les résidents peuvent retourner dans leurs foyers, jusque dans leurs champs, et bien y vivre, comme avant », dit-il.

« Tout comme il y avait la paix ici avant, ce sera encore plus calme après [l’opération], » Gantz a affirmé. « L’armée israélienne ne va nulle part. Elle reste pour vous protéger, faire des percées, rechercher les prochains défis, et avec les citoyens, nous continuerons à améliorer la sécurité dans ce domaine. »

Le chef d’état-major a continué à assurer les citoyens du Sud que de meilleurs jours les attendaient. « En effet, ce fut un été chaud ici », a déclaré Gantz, se référant aux expériences tumultueuses de nombreux résidents du Sud. « [Mais] l’automne viendra. La pluie lavera la poussière sur les tanks. Les champs deviendront verts, et le sud rougira, rouge, dans le sens positif du terme, les anémones, les fleurs et la stabilité feront partie du paysage, et ce pour de très nombreuses années à
venir. »