La récente escalade de violence entre Israël et Gaza n’est probablement pas un danger pour les négociations israélo-palestiniennes actuelles, ont assuré jeudi des responsables.

« Je ne vois pas d’influence directe. Il y a d’autres obstacles et difficultés pour les pourparlers, je pense seulement que cela montre les demandes d’Israël sous un autre angle, » a indiqué le ministre délégué de la Défense Danny Danon au Times of Israel.

Danon est personnellement opposé à la libération de terroristes palestiniens dans les négociations.

Mais il ne pense pas que les récents événements influenceront la décision du gouvernement quant à la quatrième libération, prévue le 29 mars. D’autres ministres sont cependant fermement opposés à la libération prévue.

L’organisation terroriste du Jihad islamique a tiré plus de 60 roquettes vers des villes israéliennes à partir de Gaza dans l’après-midi de mercredi. L’armée israélienne a procédé à des représailles contre des cibles liées à l’organisation terroriste à Gaza.

Jeudi après-midi, le Jihad islamique a annoncé que la trêve qui les liait avait reprise et les responsables israéliens ont affirmé qu’ils répondraient « au calme par le calme ».

Danon a déclaré que la pluie de roquettes de mercredi devrait illustrer la situation dans laquelle se trouve Israël à « nos alliés et amis, qui essayent de faire avancer les négociations. » Il a ajouté que l’événement devrait renforder la position d’Israël dans les pourparlers.

« Ils doivent comprendre qu’il existe d’autres forces dans la région et que même si nous nous mettons d’accord avec [le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas], nous ne pouvons pas ignorer la réalité qui a cours à Gaza, » a-t-il indiqué.

« Quand nous parlons des aspects de la sécurité et des possibilités d’instabilité dans la région, et qu’au même moment des dizaines de roquettes visent la population civile, il devient clair pour nos amis à Washington que nous avons une bonne raison de nous inquiéter de ce qu’il se passerait dans le futur en Judée et en Samarie, » a-t-il ajouté, en utilisant le nom biblique de la Cisjordanie.

Un responsable du gouvernement a confirmé que Jérusalem n’a aucune intention d’arrêter ou de reporter les négociations de paix.

Il a également pris acte du fait qu’Abbas et l’AP ne pouvaient pas être accusés pour les tirs de roquettes. « Nous avons toujours su qu’Abbas n’a presque pas d’influence sur ce qui se passe à Gaza, » a indiqué le responsable, qui a préféré resté sous le couvert de l’anonymat.

L’ancien conseiller sur la sécurité nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yaakov Amidror, a affirmé que l’escalade récente n’interrompra probablement pas le processus.

Il en revient à Abbas de prendre des décisions qui feront avancer les négociations, selon lui, et « Israël n’a absolument aucune raison d’arrêter les négociations. »

Amidror est un général à la retraite, qui traitait surtout des renseignements militaires. Selon lui, le seul lien existant entre la situation au sud du pays et les négociations, repose sur le fait que les tirs en masse de roquettes de Gaza prouvent que les arrangements de sécurité sont essentiels et ne sont pas à prendre à la légère dans le cadre d’un accord de paix. Israël doit avoir la possibilité d’empêcher le passage clandestin d’armes en Cisjordanie, selon lui, car « l’alternative c’est Gaza. »

Le ministre de l’Économie Naftali Bennett, de son côté, voudrait mettre fin aux négociations en raison des tirs de roquettes. « Les résidents de Sderot et de Ashkelon sont toujours dans leurs abris. Et puis il y a ceux qui pensent fuir la Samarie pour que les habitants de Kfar Saba soient aussi dans leurs abris est la solution, » a-t-il publié sur le réseau social Facebook.

La communauté internationale a encouragé Israël et les Palestiniens à ne pas laisser les évènements empêcher la continuation des négociations.

« Il faut prouver aux responsables de ces actes de terrorisme, qui espèrent que ces attaques feront sauter le processus de paix difficile et encore fragile, que leurs calculs étaient faux, » a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « Les négociations de paix au Moyen Orient sont dans une phase difficile. Toutes les parties doivent redoubler d’effort. »

Le représentant du Quatuor pour le Moyen Orient, Tony Blair, s’adressant aux journalistes britanniques après une réunion avec le Premier ministre britannique, David Cameron à Jérusalem, a demandé « une stratégie entièrement nouvelle concernant Gaza, » mais a indiqué que les pourparlers devaient se poursuivre.

Netanyahu est resté silencieux sur l’avenir des négociations jusqu’à présent mais il a cependant indiqué qu’elles continueront comme prévu.

Lors d’une visite dans une zone industrielle de Jérusalem, jeudi, avec Cameron, Netanyahu a dénoncé le silence d’Abbas par rapport aux tirs de roquettes.

« J’affirme que nous voulons une véritable paix. Pour arriver à une véritable paix, nous devons être très clair sur notre condamnation du terrorisme et sur notre soutien au droit de se défendre contre le terrorisme. C’est une composante cruciale pour la paix. »

Quelques heures plus tard, Abbas a bel et bien condamné les attaques de Gaza. « Nous condamnons toute escalade militaire, y compris les roquettes, » a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Bethlehem, aux côtés de Cameron.