L’organe de décision du parti ultra-orthodoxe Shas aurait été divisé mercredi sur le futur du député Yigal Guetta, qui a indiqué qu’il allait démissionner après le scandale déclenché par ses révélations sur sa présence au mariage de son neveu homosexuel il y a deux ans, avant de devenir député.

Mercredi, Guetta a écrit au président de son parti, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, qu’il allait démissionner et abandonner son siège à la Knesset. Un groupe de rabbins avait écrit une lettre le condamnant pour son aveu lundi à la radio militaire, disant qu’il avait assisté au mariage.

L’affaire n’est cependant pas terminée.

Même si Guetta a envoyé une lettre de démission à Deri, il n’en a pas envoyée au président de la Knesset, Yuli Edelstein, qui doit recevoir une annonce officielle de démission d’un député pour qu’elle soit prise en compte.

Yuli Edelstein, président de la Knesset, lors d'un événement au parlement israélien, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Yuli Edelstein, président de la Knesset, lors d’un événement au parlement israélien, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Selon la loi, Shas peut expulser Guetta, le secrétaire général du parti, du parti lui-même, mais pas de la Knesset.

Une fois qu’un député est élu, seule une vaste majorité de ses collègues, soutenus par une décision de la commission d’Ethique et une infraction très grave à la loi commise par le député, peut l’expulser du parlement.

De plus, aucun des rabbins n’ayant écrit la lettre n’est membre du Conseil des sages de la Torah de Shas.

Pour complexifier encore les choses, un média a indiqué que Guetta annoncerait sa décision « à Rosh Hashana », le nouvel an juif, qui débute mercredi soir.

La Deuxième chaîne a indiqué qu’un membre du Conseil, le rabbin Shimon Baadani, était opposé à la démission de Guetta, affirmant qu’il ne serait pas renvoyé pour avoir soutenu sa famille.

Un autre, le rabbin Shalom Cohen, ne serait pas d’accord, et les deux hommes devaient se rencontrer à Jérusalem mercredi soir pour tenter de trouver une solution.

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, lors de la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 3 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, lors de la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 3 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un autre compromis possible serait de demander des excuses à Guetta pour avoir rendu publique sa décision d’assister à un mariage homosexuel, mais non pour y avoir assisté.

Guetta est resté silencieux, se contentant de dire que Shas était et serait toujours son foyer, et qu’il continuerait de travailler à son succès.

Des sources proches de lui ont cependant dit à la Deuxième chaîne que les rabbins n’avaient eu accès qu’à un enregistrement complet de ses paroles, donné par quelqu’un qui voulait lui nuire, et qu’il était dans tous les cas soumis à la décision du Conseil des sages de la Torah.

La sœur de Guetta, Suzy Ben Zvi, a dit à la chaîne que, même si elle avait voté pour Shas à toutes les élections, elle ne le ferait plus. « Mais quoi, mon frère a volé quelque chose ? Il a tué quelqu’un ? Qu’est-ce qu’il a fait exactement ? », a-t-elle demandé.

La fille de Guetta, Simcha, a dit mercredi soir à la Dixième chaîne qu’elle était « fière de [s]on père, un homme qui vit dans la lumière et non dans les ténèbres, et qui suit sa vérité, peu importe où elle le mène. »

« Qu’est-ce qu’il a fait ? Il est allé au mariage de son neveu. Peu importe que vous soyez religieux ou laïc, vous devez aimer et respecter les autres », a-t-elle ajouté.

« Ce pays a besoin d’unité, il a besoin de personnes comme lui en politique. C’est un porte-parole fort pour ce pays. [Dans une élection], il peut rapporter à lui seul quatre mandats à la Knesset », a-t-elle dit.