Le collectif d’activistes sur Internet Anonymous a annoncé lundi le lancement du OpIsrael Day, au cours duquel les hackers s’engagent à tout faire pour mettre hors-service ou pour infiltrer autant de sites israéliens que possible.

Plusieurs sites, dont ceux des services postaux et du ministère de l’Éducation, ont d’ailleurs été mis hors-service pendant quelques heures.

Les hackers ont également publié sur Internet une liste de numéros de téléphones, d’emails et de mots de passe de hauts responsables israéliens, mais plusieurs sources ont affirmé que cette liste était obsolète. Plusieurs sites de particuliers ont également été mis hors-service.

Anonymous, une organisation internationale de hackers, s’était engagé à remplacer le contenu des sites Internet avec des messages anti-israéliens ou à désactiver ces derniers grâce à des attaques par déni de service (DoS). La dernière tentative de ce genre remonte au 7 avril, date à laquelle les hackers ont menacé « d’effacer Israël de l’Internet. »

De manière générale, les hackers attaquent de site afin de dérober des mots de passe, des numéros de cartes de crédit ou simplement pour s’amuser. Mais en Israël, le piratage informatique est un acte politique, selon un nouveau rapport du Howden Broking Group.

Le rapport précise que 80 % des cyber-attaques contre des sites de commerce israéliens ont été menés par des organisations anti-israéliennes, dirigées par des groupes comme Anonymous.

Les ministères avaient demandé à leurs salariés de prendre des précautions lundi, en évitant notamment les liens ou les pièces-jointes dans les messages, en changeant leurs mots de passe et en évitant les sites Internet malveillants.

Mais de telles précautions ne peuvent empêcher les attaques DoS, un outil dont se servent les hackers anti-israéliens pour empêcher la navigation des Internautes. Selon Shay Simkin, le PDG de Howden Israel, le suffixe .co.il, utilisé par la plupart des sites de commerce israéliens, attire à lui tout seul les hackers.

« Les sites avec le suffixe .co.il sont cinq fois plus susceptibles d’être piratés que les sites avec un suffixe générique .com », dit-il. « Il en va de même pour n’importe quel site qui contient le mot ‘Israël’ ou des termes associés dans son nom de domaine. »

« Les sites avec le suffixe .co.il sont cinq fois plus susceptibles d’être piratés que les sites avec un suffixe générique .com »

Shay Simkin

« Pour les hackers à la recherche d’informations sur les cartes de crédit, il n’y a rien de spécial sur Israël. Leurs attaques sont menées en fonction du niveau de sécurité des bases de données », explique Simkin.

Dans ces cas, Israël est autant visé que les autres pays. Les attaques supplémentaires que doit essuyer Israël sont généralement attribuées à des hacktivistes, c’est-à-dire des hackers avec des buts idéologiques.

Mais même avec le risque accru de hacking, Israël n’est pas le lieu le plus dangereux sur Internet, selon Kaspersky Lab, une société internationale d’antivirus.

La firme a récemment publié la Worldwide Interactive Cyberthreat Map, une carte qui montre en temps réel quel type d’attaques a lieu et dans quel endroit.

Les Internautes peuvent faire tourner le globe et grossir la vue pour voir de plus près les menaces régionales. Différents types de menaces sont détectés en temps réel et classés par couleur.

Selon la carte, Israël est le 57ème pays le plus contaminé au monde, loin derrière d’autres pays occidentaux ou des grandes puissances. La Russe arrive en tête devant les Etats-Unis et la Chine. La plupart des pays européens sont dans les trente premiers de la liste.

« Chaque jour, Kaspersky Lab a affaire à plus de 300 000 objets malveillants. Il y a trois ans, le chiffre était seulement de 70 000, mais les technologies antivirus ont évolué avec le temps et nous n’avons plus aucun problème à gérer un trafic aussi gigantesque », explique Denis Zenkin, chef du département communication à Kaspersky Lab.

« D’où viennent les attaques ? Où se trouvent les Internautes qui cliquent le plus souvent sur des liens malveillants ? Quel type de logiciel malveillant est le plus répandu ? Voilà le genre de questions qui sont posées par de nombreux Internautes. Notre nouvelle carte des menaces en ligne permet à quiconque de prendre la mesure, en temps réel, de l’étendue du cyber-activisme et d’avoir un aperçu du travail de nos experts. »