Un jeune Palestinien a été tué mardi par les soldats israéliens à Hébron, en Cisjordanie, lors d’affrontements qui font de plus en plus redouter un retour aux grands soulèvements populaires palestiniens.

Imad Jawabreh, 22 ans, a été tué par des balles de l’armée israélienne qui lui ont transpercé la poitrine, selon des sources de sécurité et des médecins palestiniens.

Israël a déployé des renforts en Cisjordanie depuis lundi devant l’escalade des tensions dans le territoire, a indiqué une porte-parole de l’armée. Ce mardi, les Palestiniens célèbrent le dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat.

Selon la radio militaire, ces renforts ont été déployés le long des principales routes de Cisjordanie et auprès des arrêts de bus. C’est à un arrêt de bus proche d’une implantation du Gush Etzion, au sud de Jérusalem, qu’un Palestinien a poignardé trois résidents des implantations lundi, tuant une femme de 25 ans.

En Israël même, « la police a été placée en état d’alerte avancé. Des milliers de policiers, d’officiers et de volontaires et des renforts sont déployés sur l’ensemble du pays pour assurer la sécurité publique », a dit à l’AFP Louba Samri, porte-parole de la police, au lendemain de deux attentats meurtriers.

Les autorités ont appelé les Israéliens à faire « preuve de vigilance » et à signaler « tout véhicule ou individu suspect » à la police.

Sentiment grandissant d’insécurité

Le sentiment d’insécurité s’est considérablement renforcé chez les Israéliens depuis lundi et les deux attaques au couteau de Palestiniens qui ont tué un soldat israélien à Tel Aviv et une femme de 24 ans près de l’implantation de Gush Etzion.

Depuis fin octobre déjà, deux attaques à la voiture-bélier avaient fait quatre morts, en dehors des deux auteurs palestiniens, à Jérusalem.

Jérusalem-Est est désormais le théâtre jour et nuit de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens qui s’affrontent à coups de pierres, de pétards, de projectiles en caoutchouc et de grenades assourdissantes.

Les violences ont gagné les villes arabes israéliennes après la mort de Kheir Hamdane, 22 ans, tué samedi par des policiers alors que, selon une vidéo, il ne représentait plus de danger pour eux.

La police a arrêté dans la nuit de lundi à mardi cinq personnes qui jetaient des pierres sur une voiture de police dans la ville de Bédouins de Hura (sud). Une femme arrêtée détenait un fusil d’assaut M16.

Faut-il prendre le bus ?

« Si cette folie ne s’arrête pas maintenant, nous allons nous retrouver au même point que lors des jours sombres de la seconde Intifada », le soulèvement qui fit des milliers de morts de 2000 à 2005, écrit le quotidien Yedioth Aharonoth.

Les éditorialistes manipulent la comparaison avec précaution, comme ceux du Maariv pour lesquels « on ne peut savoir encore clairement s’il s’agit d’une troisième Intifada ». Mais, conviennent-ils comme le Yedioth Aharonot, tout le monde « commence à se demander : est-ce que je dois prendre la voiture pour aller à Jérusalem ou pas ? Est-ce que je dois prendre le bus ou pas ? Est-ce que je dois attendre à la gare ou pas ? »

La porte-parole de la police a indiqué qu’une opération nationale avait été lancée « pour arrêter tous ceux qui sont en situation illégale en Israël ».

Le jeune Palestinien qui a tué un soldat à Tel-Aviv venait de Cisjordanie et n’avait pas de permis de séjour en Israël, selon la police.

« Nous appliquerons la tolérance zéro à l’encontre des fauteurs de troubles », a prévenu la porte-parole de la police.

Dans un discours à Ramallah à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas a promis que les Palestiniens défendraient « Al-Aqsa contre les colons et les extrémistes ».

Les Palestiniens s’alarment du risque que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne cède à la pression des ultras juifs qui réclament le droit de prier sur l’esplanade des Mosquées.

Netanyahu a assuré à plusieurs reprises n’avoir aucune intention de modifier le statu quo. Abbas et Netanyahu s’accusent mutuellement d’attiser les tensions.