Un commandant de l’armée a déclaré mardi que les soldats n’étaient pas préparés pour le combat intense que a suivi après un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas lors de la guerre de 50 jours l’été dernier.

Selon des détails de l’enquête publiée par la radio de l’Armée mardi, les troupes de la brigade Givati ont reçu l’ordre de détruire les tunnels de terreur dans Gaza lors du cessez-le-feu de 72 heures, mais ils ont été surpris lorsque les combattants du Hamas ont enlevé le lieutenant Hadar Goldin.

Croyant que Goldin avait été capturé vivant, l’armée a répondu avec force dans un effort de contrecarrer ses ravisseurs en respect du controversé Protocole Hannibal, un ordre de l’armée selon lequel les soldats reçoivent l’instruction d’utiliser tous les moyens nécessaires pour empêcher un enlèvement, même au prix de tuer ou blesser le soldat.

Connu comme le « Vendredi noir » en Israël, le combat repris le 1er août a coûté la vie à trois soldats de l’armée israélienne, y compris Goldin.

Dans le rapport, le colonel Ofer Winter, commandant de la brigade Givati, a qualifié les ordres de « déroutants » admettant que l’armée avait compromis la sécurité des soldats en les plaçant dans une « situation délicate ».

« La situation aurait dû être évaluée ensemble par les commandats de bataillon avant que le cessez-le-feu ne soit déclaré », a-t-il dit.

Le rapport soulignait que même si Goldin et deux autres soldats étaient dans une zone qui n’était pas sécurisée, la riposte de l’armée était proportionnée.

« Les tirs effectués lors de l’opération visaient à bloquer les voies de fuite des ravisseurs, ils étaient proportionnés », a déclaré le rapport.

Selon le rapport, 800 tirs d’artillerie et 260 mortiers ont été effectués alors que les avions et les hélicoptères ont bombardé environ 35 cibles depuis le ciel.

Des officiels palestiniens ont déclaré que la réponse israélienne avait entraîné la mort de 150 civils palestiniens.

Pourtant, l’enquête de l’armée a trouvé que 41 personnes avaient été tuées dans la contre offensive, dont 12 ont été identifiées par l’armée comme des terroristes, 13 comme des civils et le reste comme indéterminés même si l’armée les a classés comme étant en « âge de combattre ».

Le Procureur Général de l’armée d’Israël a étudié des dizaines d’incidents impliquant la mort de civils lors de l’opération Bordure Protectrice. De tous ces incidents, le procureur a ordonné 13 enquêtes criminelles en date contre des soldats suspectés de s’être écartés du protocole en ayant entraîné des pertes humaines évitables.

Même si la décision finale doit encore être prise, le Procureur envisage d’ouvrir une enquête criminelle sur l’incident du 1er août.