Le nombre de spécialistes internationaux à même de lutter contre des cyber-attaques de plus en plus malveillantes est notoirement insuffisant, ont déploré des experts mardi lors d’une conférence en Arabie saoudite.

« Des articles de presse disent que nous avons moins de 1 000 personnes dans le monde qui sont véritablement qualifiées, alors que nous avons besoin de plus de 30 000 (spécialistes) pour faire face au problème », a expliqué Mark Goodwin, de l’Université Virginia Tech aux Etats-Unis.

« Nous assistons à des opérations d’espionnage et de sabotage informatiques qui exigent que nous disposions des gens de plus en plus qualifiés pour les déjouer », a-t-il ajouté lors d’un symposium sur la cybersécurité dans les secteurs civil et militaire, organisé par l’Université du Roi Saoud et le ministère saoudien de l’Intérieur.

« Les ressources humaines sont l’élément le plus important (dans les dispositifs de cybersécurité), la technologie ne vient qu’en numéro 2 », a assuré Saleh Ibrahim al-Motairi, le directeur général du nouveau Centre national pour la cybersécurité. Ce dispositif de surveillance saoudien sera à pied d’œuvre à la fin de l’année pour mieux cerner les problèmes de « cyber-criminalité ».

Les remarques de ces intervenants interviennent quelques semaines après des cyber-attaques ayant touché la chaîne française TV5Monde et le site d’un des principaux journaux belges francophones, Le Soir.

L’opération contre la chaîne française a été menée par des pirates se réclamant du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui l’ont empêchée d’émettre et ont pris le contrôle de ses sites internet.

Selon Grégoire Germain, directeur pour les technologies de l’information et la sécurité au sein du groupe français Thales, géant de l’électronique et de la défense, la « complexité croissante » des cyber-attaques engendre des besoins en renseignements efficaces.