Le ministre de l’Intérieur Gideon Saar a décidé dimanche que les supérettes de Tel Aviv devront continuer à être fermées le samedi, conformément à la loi en vigueur, annulant ainsi un amendement qui permettrait aux boutiques de fonctionner le jour du Shabbat sans avoir à payer de pénalité.

En revanche le ministre de l’Intérieur a autorisé l’ouverture le samedi des épiceries à proximité de certaines zones, telles que les ports de Tel Aviv et Jaffa, et les magasins adjacents aux stations d’essence. Il a aussi supprimé la limitation du nombre d’heures pendant lesquelles les cafés pouvaient rester ouverts.

Dans un communiqué, Saar a expliqué que l’amendement qu’il a annulé – et qui avait été élaboré et voté en mars par le conseil municipal de Tel Aviv conformément à une ordonnance de la Cour suprême – représentait un changement radical de la loi existante et risquait de constituer une «pente glissante » pour toute future activité commerciale à l’échelle nationale le jour du Shabbat.

Il a declaré que les changements recommandés, qui autorisent pendant 5 ans un certain nombre d’entreprises sur plusieurs grandes artères de Tel Aviv constitue un « pas important sur la pente glissante », qui au bout du compte effacera toute différence entre le Shabbat et les autres jours de la semaine dans la vie économique.

L’amendement aurait accordé au maire de la ville le pouvoir de déterminer quels magasins pouvaient ouvrir.

Selon Saar, permettre aux magasins d’ouvrir le samedi risquerait de brouiller la distinction entre les différents types d’entreprises ouvertes le samedi, « celles qui en ont le droit et les autres ».

Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, a dénoncé la décision de Saar, indiquant qu’elle « faisait reculer Tel Aviv et tout l’État d’Israël des décennies en arrière ».

« La décision de la municipalité [qui a été invalidée par Saar] était mesurée, équilibrée, et reflétait la réalité qui prévaut depuis de nombreuses années, » a-t-il dit.

« De la meme façon qu’à Bnei Brak, la municipalité peut fermer tous les magasins, et qu’à Nazareth elle peut les autoriser tous à ouvrir, l’amendement municipal préserve le caractère du Shabbat à Tel Aviv et dans les villes analogues ».

Huldai a ajouté qu’il lutterait contre la décision du ministre de l’Intérieur devant les tribunaux.

Le ministre des Finances Yair Lapid a aussi dénoncé la décision, en faisant valoir qu’elle réveillait « un conflit inutile » entre les communautés laïques et religieuses de la métropole.

« La décision du ministre de l’intérieur crée des conflits inutiles entre les religieux et les laïcs, » a-t-il declaré. « Cette décision ne renforce pas le caractère juif de l’Etat, mais ne fait que créer des tensions dans une ville où, jusqu’à présent, tous vivaient en harmonie. »

Pour Ḥiddush, une ONG en faveur de la liberté religieuse en Israël, la décision de Saar est «surprenante et décevante » et se demande s’il a déjà commencé à investir dans les partis ultra-orthodoxes dans l’espoir d’obtenir leur soutien pour sa candidature au poste de Premier ministre ».

Dans un communique Hiddush a declaré que l’amendement municipal de Tel Aviv représente les intérêts des habitants de la ville, et demande à nouveau que le gouvernement cesse d’annuler les amendements locaux et d’intervenir dans la façon dont les résidents déterminent le caractère de leur ville ».