Dix-huit toiles de David Olère, Juif français d’origine polonaise, qui, sorti vivant d’Auschwitz, en a dépeint les horreurs, ont été acquises par le musée de l’ancien camp nazi allemand, a annoncé ce dernier.

Né en 1902 à Varsovie, Olère a fait des études aux Beaux-Arts dans cette ville, avant de partir pour Berlin et Paris, où il a choisi de s’établir. Membre de l’Ecole de Paris, il a produit des scénographies pour Paramount Pictures, Fox et Gaumont, ainsi que des affiches publicitaires. Il a été naturalisé en 1937.

Arrêté par la police française en 1943, envoyé au camp de Drancy, puis à Auschwitz, il a été intégré au Sonderkommando, une équipe spéciale créée par les nazis pour s’occuper du four crématoire et des chambres à gaz.

Olère fut « le seul prisonnier membre du Sonderkommando qui ait transmis par la peinture son expérience à l’ombre des cheminées des fours crématoires », montrant tant son travail quotidien que la volonté de survie d’un homme ayant connu la face la plus sombre d’Auschwitz, a souligné le directeur du Musée, Piotr Cywinski, cité dans un communiqué.

Avec les dix-huit toiles du peintre mort en 1985 en France à 83 ans, achetées par le ministère polonais de la Culture, le Musée d’Auschwitz détiendra la plus importante collection de ses œuvres au monde.

Quelques tableaux d’Olère se trouvent à l’Institut Yad Vashem à Jérusalem et quelques dizaines d’esquisses en noir et blanc à la Maison des Combattants des Ghettos, Lohamei Haghetaot, également en Israël, près d’Akko.