Le terroriste qui a renversé avec son camion un groupe de soldats sur la promenade d’Armon Hanatziv dimanche, tuant quatre soldats avant d’être abattu par des soldats et un guide touristique, a été identifié comme Fadi al-Qunbar, 28 ans, du quartier de Jérusalem Est Jabel Mukaber.

Qunbar était marié et père de quatre enfants, un profil différent des précédents attaquants « solitaires » du récent cycle d’attaques au couteau et à la voiture bélier.

Ce n’est pas la première fois au cours de ces derniers 18 mois que des terroristes plus âgés (dont une femme de 72 ans de Hébron) ont laissé leurs familles derrière eux. Cependant, la grande majorité d’entre eux était jeune et célibataire.

Qunbar avait une fille de sept mois. Il n’était pas au chômage, et travaillait avec le camion même qu’il a utilisé pour tuer quatre personnes et en blesser 16.

Les quatre soldats israéliens tués par un attentat au camion bélier à Jérusalem, le 8 janvier 2017. De gauche à droite, le lieutenant Yael Yekutiel, le cadet Shir Hajaj, le cadet Shira Tzur, et le cadet Erez Orbach. (Crédit : via le porte-parole de l'armée israélienne)

Les quatre soldats israéliens tués par un attentat au camion bélier à Jérusalem, le 8 janvier 2017. De gauche à droite, le lieutenant Yael Yekutiel, le cadet Shir Hajaj, le cadet Shira Tzur, et le cadet Erez Orbach. (Crédit : via le porte-parole de l’armée israélienne)

Il possédait une carte d’identité bleue de résident permanent, et, selon sa famille, n’avait jamais été emprisonné par les forces de sécurité israéliennes, contrairement à ce qu’ont annoncé des médias arabophones qui avaient déclaré qu’il était un prisonnier sécuritaire récemment libéré.

Sa sœur a déclaré dimanche à des journalistes, devant leur maison, qu’il n’avait jamais appartenu à une organisation ou à un groupe politique palestinien, et qu’il avait même appelé son épouse peu avant l’attaque pour lui demander de lui préparer son déjeuner.

On ne sait pas ce qui l’a incité à mener cette attaque. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il était un partisan de l’Etat islamique (EI). Il n’existe pas de signes clairs, sur ses comptes sur les réseaux sociaux, que cela soit vrai.

Il est possible que la déclaration de Netanyahu puisse effectivement encourager l’EI à revendiquer l’attentat, mais il n’est pas certain qu’il existe une connexion directe entre le groupe terroriste et Qunbar. Dans tous les cas, cette déclaration soutient l’affirmation de Netanyahu à l’Occident, « l’Etat islamique est ici », et celle du groupe terroriste, selon lequel il est présent en « Palestine occupée ».

Fadi al-Qanbar, le terroriste qui a renversé avec son camion un groupe de soldats israéliens, en tuant quatre et en blessant 16, à Jérusalem, le 8 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Fadi al-Qanbar, le terroriste qui a renversé avec son camion un groupe de soldats israéliens, en tuant quatre et en blessant 16, à Jérusalem, le 8 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Pour l’instant, il semble que Qunbar ait agi selon le même mode opératoire que celui déjà vu à Jérusalem : un terroriste sans affiliation à une organisation, inspiré par les médias, une mosquée ou les réseaux sociaux, qui mène une attaque sans aide extérieure. Ensuite, les organisations terroristes revendiquent l’attaque afin de profiter de la vague de « succès ».

Sans surprise, le Hamas et le Jihad islamique ont tous deux salué l’attaque, et une parade a même été organisée dans la bande de Gaza pour célébrer la première attaque de 2017.

Ce n’est pas un secret que le Hamas souhaite un soulèvement violent en Cisjordanie et à Jérusalem Est, et il veut profiter au maximum de l’attaque de dimanche, après plusieurs mois de calme relatif. De telles attaques peuvent entraîner un soutien populaire, et même des attaques d’imitation dans les prochains jours et les prochaines semaines.

Ces derniers mois ont vu une nette baisse du nombre d’attaques. Il existe plusieurs raisons à cela, comme les efforts des forces de sécurité palestiniennes, une nouvelle emphase sur la surveillance des réseaux sociaux, une certaine baisse des incitations à la violence dans les médias palestiniens officiels, et le dur travail des forces de sécurité palestiniennes, entre autres facteurs.

Mais la tension principale qui a entraîné l’explosion initiale de violence en octobre 2015 est toujours présente : l’absence de perspective diplomatique, la frustration constante de l’Autorité palestinienne, la colère envers Israël, et l’incitation solide permanente à la violence sur les réseaux sociaux.

Ces derniers jours, par exemple, le Hamas a mené une campagne appelant les jeunes palestiniens à s’inspirer d’un célèbre fabricant de bombes du Hamas, « l’ingénieur » Yahya Ayyash. Le 21e anniversaire de son assassinat par Israël a eu lieu la semaine dernière.

Tout cela crée une atmosphère tendue, infiltrée de haine, qui peut à tout moment mener à d’autres attaques « spontanées ».