Au debut de cette semaine, le Hamas a appelé à une « journée de la colère » pour ce vendredi pour protester contre ce qu’il prétend être des tentatives « de porter atteinte à la mosquée al-Aqsa» à Jérusalem.

Il est peu probable que quiconque dans l’appareil de sécurité d’Israël en ait été particulièrement preoccupé. Le Hamas essaye depuis un certain temps d’enflammer la Cisjordanie, sans beaucoup de succès. Mais ce qui est arrivé la nuit dernière à Duma, au sud de Naplouse, change complètement la donne.

L’odieux assassinat du bébé de 18 mois Ali Saad Dawabsha, dans une attaque qui laisse aussi sa mère, son père et son frère dans un etat critique, est susceptible de briser l’indifférence des Palestiniens.

La « Journée de la colère » qui ne semblait probablement rassembler des milliers de manifestants dans les rues risque maintenant de devenir un jour de confrontation violente et le début de l’escalade que le Hamas recherche depuis longtemps.

De facon écoeurante, les présumés terroristes juifs responsables de l’attaque de Duma aident le groupe terroriste islamiste à atteindre ses objectifs.

Il n’y a, il convient de le souligner, aucune garantie qu’une protestation palestinienne généralisée va éclater et être suivie.

Pendant des années, les masses palestiniennes se sont abstenues de se joindre aux tentatives des islamistes à une escalade contre Israël, pour plusieurs raisons : un manque de motivation étant donné les cicatrices de la deuxième Intifada ; le désir de trouver un emploi et une meilleure qualité de vie ; et une profonde déception à la fois de l’Autorité palestinienne et du Hamas.

De tels facteurs ont produit une indifférence en Cisjordanie que même l’assassinat l’été dernier de l’adolescent Mohammed Abu Khdeir de Jérusalem-Est n’a pas brisée.

Mais il y a aussi un autre facteur central dans le calme relatif en Cisjordanie : La direction de l’AP par Mahmoud Abbas, le même leadership que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon insistent pour dire qu’il n’est pas un partenaire pour la paix, a longtemps œuvré comme le pompier d’Israël.

Heure après heure, l’Autorité palestinienne a réussi à calmer son opinion publique, même en période de haute tension comme pendant l’opération Bordure protectrice de 50 jours l’été dernier, et a déjoué des dizaines d’attaques planifiées contre des Israéliens.

Dans l’appareil de sécurité israélien, un rare consensus prévaut entre le Shin Bet, les renseignements militaires et le bureau du Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires qu’Abbas fait partie de la solution, et non du problème. Mais le leadership politique d’Israël refuse de l’admettre, et continue d’affirmer qu’Abbas n’est « pas un partenaire. »

L’attaque dans les premières heures de vendredi était encore plus grave que le meurtre d’Abu Khdeir. Cette fois, un bébé a été tué et trois autres personnes ont été grièvement blessées – une famille entière pratiquement anéantie par des meurtriers juifs présumés.

Abbas est confronté à un grave dilemme. S’il permet des manifestations de grande ampleur contre Israël, il renforce le Hamas et couronne la Journée de la colère comme un grand succès pour ses rivaux islamistes. S’il essaie d’empêcher une importante explosion de protestation, il sera présenté comme un collaborateur d’Israël – ce qui va endommager encore plus sa position, au profit du Hamas.

Mais quoi qu’il arrive maintenant dans le sillage immédiat de l’attaque terroriste, il semble certain que des attaques de vengeance vont suivre – par le Hamas et d’autres, contre des Israéliens, tant en Cisjordanie qu’en Israël.

Abbas pourrait essayer d’arrêter cette escalade. Mais s’il sent que les flammes se referment sur lui, il ne serait pas surprenant qu’il donne suite à ses fréquentes menaces de mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, et / ou à annoncer sa démission.